Culture

MORY KANTE

L'auteur du célèbre tube " yéké yéké " est décédé le vendredi 22 mai 2020 à l'âge de 70 ans.

L'auteur du célèbre tube " yéké yéké " est décédé le vendredi 22 mai 2020 à l'âge de 70 ans. Mory Kanté était également surnommé le griot électrique.

Issu d'une grande famille de griots guinéenne et malienne, Mory Kanté a été formé dès son plus jeune âge. Lors de son séjour à Bamako en 1960, il subit l'influence de la rumba zaïroise, de la salsa cubaine et également de la pop rock anglo-saxonne. Il va intégrer par la suite le Rail Band de Bamako, dont le chanteur du groupe était Salif Keita. Véritable artisan du métissage entre sa musique traditionnelle et l'électrique, il compose son groupe de 16 musiciens et 7 danseurs réunissant ainsi 8 nationalités.

Figure emblématique de la scène world, l'artiste a donné des concerts dans le monde entier. Le président guinéen Alpha Condé a exprimé sa tristesse en saluant un parcours exceptionnel et exemplaire : une fierté.

L’EGYPTE PERD UN SYMBOLE

Le chanteur algérien idir est décédé à l'âge de 70 ans à Paris.

Le chanteur algérien idir est décédé à l'âge de 70 ans à Paris. Grand ambassadeur de la chanson kabyle et défenseur de l'identité berbère à travers le monde, il est l'interprète du célèbre " A vava Inouva ".

Hospitalisé à Paris, le chanteur a succombé suite à une maladie pulmonaire. Sa mort a suscité plusieurs hommages sur les réseaux sociaux. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a fait part de son immense tristesse. Le président français Emmanuel Macron a salué une voie unique qui chantait la mélancolie d'un exilé et la fraternité des peuples. Pour l'ancien président François Hollande, le chanteur a envouté des générations entières au rythme de ses mélodies douces généreuses et émouvantes. L'Unesco, la maire de Paris Anne Hidalgo, le chanteur français Patrick Bruel et bien d'autres personnalités.

Idir était un réel militant de la reconnaissance de l’identité culturelle de la Kabylie.

ALLADAYE Hodonou Hervé alias Hodall béo

Artiste plasticien et bédéiste de Bénin Couleurs (entre autres)

Artiste plasticien et bédéiste de Bénin Couleurs (entre autres)

Quel est ton parcours ?

Déjà enfant j’ai grandi dans une famille ou mes ainés étaient des artistes en herbe qui m’ont donné l’envie de faire de même. En grandissant j’ai eu l’occasion de peaufiner le dessin et la peinture au lycée Houffon d’Abomey où pour les activités culturelles j’ai bénéficié d’un encadrement en art plastique de la part du ministère. Ceci a d’avantage ravivé ma flamme et mon intérêt pour l’art plastique. Bien plus tard à Cotonou le besoin de me révéler au public et gagner ma vie m’a amené à me tourner résolument vers la caricature dans les journaux, la bande dessinée et l’illustration.

Quel est ton histoire en tant qu’illustrateur ?

En fait l’illustration requiert de bonnes notions de dessins et souvent de peinture. J’ai eu un avantage dans ma vie. Je suis de l’ancienne école, à l’époque on ne séparait pas le dessinateur de bd du décorateur qui peignait une enseigne sur un mur a la coiffeuse du coin ce qui m’a amené à m’intéresser tout naturellement à la peinture et au coloriage. Et quand le numérique est survenu vers 1997 j’ai eu l’idée de me former en infographie dans des logiciels tel que Photoshop. Ces notions numériques me permettent aujourd’hui d’illustrer les artiles histo. Ces illustrations sont entièrement réalisées sur tablette numérique. Le seul hic dans cette histoire de peinture entièrement réalisé par ordinateur c’est que l’odeur ténue de la peinture acrylique me manque beaucoup.

Nous sommes ici pour parler de ta nouvelle ‘’Bandafre’’ Les caprices de Faoussah. Pourquoi cette histoire ?

Le désir franc de croquer ma société dans ses travers et ses avantages. En fait je ne me vois pas dessiner pour dessiner. Si je dois travailler sur du contenu bd il faut forcement que cette histoires me concerne et  m’interpelle.

Qu’est ce qui te l’a inspiré ?

En général je m’inspire de la société béninoise dans laquelle j’ai eu la chance de grandir.la situation souvent malheureuse des enfants placées par des parents pauvres chez d’autres personnes est un fait assez répandu chez nous. Ceci pose le problème de l’esclavage des enfants et sous-entend le trafic d’enfants.

 D’où vient le personnage de Faoussah ?

J’ai, à une époque, vécu dans une maison ou vivait une famille ayant en son sein une petite fille placée portant le même nom. Elle travaillait beaucoup toute la journée et devait se lever tôt pour recommencer. Dieu merci sa tutrice n’était pas le portrait de maman Zoubey.

De quoi ça parle ?

Les caprices de Faoussah raconte les tracasseries que subit une fillette petite bonne, placée chez maman Zoubey réputée sévère. Mais l’histoire est plutôt drôle car Faoussah arrive souvent à échapper de justesse aux bastonnades de maman Zoubey.

Et la morale de cette histoire ?

La mission du bédéiste au-delà de son métier qui est de raconter des histoires, est de s’inspirer des réalités de son milieu, fabriquer des histoires plausibles afin que les acteurs de cette société qui se sentent indexés puissent changer de comportement. Les caprices de Faoussah est un miroir de notre société africaine ou les adultes ne respectent pas toujours les droits des enfants.

La bandafre (bande dessinée) est disponible à la librairie Notre Dame exclusivement

Les Artistes face au Coronavirus : confinement ?

Artistes face Corona

Pourtant, cela n'empêche pas certains artistes et acteurs culturels...

Face à une majeure crise sanitaire de plus en plus grandissante, le monde de la culture se réorganise autrement. Les concerts, les spectacles et autres évènements ont tous été reportés voire carrément annulés pour certains conformément aux restrictions dû au confinement pour freiner l'évolution du virus.

Pourtant, cela n'empêche pas certains artistes et acteurs culturels de faire vivre leur art autrement. Les réseaux sociaux prennent enfin tout leur sens et permettent aux différents acteurs de donner un contenu différent et authentique aux fans. Des sessions live, en passant par des battles et des freestyles, ou de simples échanges ; les artistes accompagnent un peu à leur manière, une période difficile pour beaucoup d'entre nous. En Afrique on peut citer par exemple Singuila, avec son concept " dans la cage du rossignol " ou Fanicko, pour ses sessions reprises-live avec d'autres artistes de la scène tel que Sessime.

C'est également le moyen pour eux de raviver la flamme avec leurs différentes communautés, grâce à une présence en ligne plus forte.  C'est aussi un moyen de se faire découvrir par un autre public, puisque la majorité de la planète passe plus de temps actuellement sur internet et les réseaux sociaux.

Malgré une situation qui semble présager de fortes répercussions économiques dans le monde de la culture en Afrique et partout ailleurs, les artistes (ou acteurs culturels) ont su trouver le moyen d'en faire une opportunité et un moyen de mieux consolider leur fan base.

 

Nous vous invitons tous à redécouvrir vos artistes préférés à travers leur art et leur vécu au quotidien face à cette crise sanitaire mondiale.

MINI FOCUS : DESTINATION BENIN

Destination Bénin Tourisme

Notre pays est une terre de culture et de richesses touristiques : une terre de brassage culturel. Il perpétue une riche tradition culturelle séculaire. Notre patrimoine culturel recouvre des monuments et sites de toutes natures : Palais royaux, habitats traditionnels, temples et forêts sacrées, anciens forts et comptoirs commerciaux, bâtiments afro-brésiliens et coloniaux, etc... Ce qui fait l’essence de la destination Bénin, c’est aussi son patrimoine historique, esthétique, artistique et culturel. Un patrimoine unique qui a pu essaimer un peu partout dans le monde à travers les rythmes et danses traditionnelles et le vodoun, religion ancestrale du Danxomè.

Le Bénin est l’un des rares pays africains où les rythmes et danses traditionnelles jouent un rôle prépondérant dans la vie quotidienne. Ils sont valorisés de diverses manières et constituent les premières sources de réjouissances selon les régions.

Les paysages de chez nous présentent une grande variété, en partant de nos plages au sud, en passant par la zone médiane couverte d’une végétation luxuriante et en finissant par la chaine montagneuse de l’Atacora au nord. Sans oublier bien entendu la savane, refuge des grands animaux peuplant notre réserve de la Pendjari. Et en bonus nous avons la cité lacustre de Ganvié, la plus importante d’Afrique dans laquelle 35 000 habitants vivent sur l’eau. Et une autre curiosité remarquable de chez nous, c’est nos Tatas Somba au Nord, cases en forme de petits châteaux forts, à l’architecture unique au monde.

Destination Bénin Tourisme

On continue ?  Autre atout ? La richesse de notre passé historique dont les témoignages sont encore visibles de nos jours et justifient à eux seuls le voyage : Abomey, Ouidah, Porto-Novo, Grand-Popo et leurs bâtiments afro-brésiliens et coloniaux.

Mais aussi et surtout, la persistance de nos traditions millénaires, et en particulier celle du vodoun, dont le Bénin constitue l’origine historique. Les manifestations liées au culte vodoun sont toujours intéressantes voir impressionnantes, cet aspect mystérieux est unique au monde et ne fait pas l’objet, pour l’instant, de récupération à des fins touristiques ou commerciales.

Les variétés de fruits sont innombrables et d’une qualité exceptionnelle : papayes, mangues, bananes, oranges, avocats, et certainement les meilleurs ananas sur terre ! Tous les légumes poussent en abondance, ce qui permet d’élaborer des repas variés, sains, et savoureux. L’offre en poissons, fruits de mer, viandes, volailles, est large et d’une fraicheur garantie.

Au nord notre parc de la Pendjari. A la différence des parcs d’Afrique de l’Est et du Sud, les animaux ne sont pas parqués ni identifiés par des « puces électroniques ». Seule la loi de la nature prévaut. La fréquentation est très faible et perturbe très peu l’équilibre naturel de la réserve. L’autre avantage de faire un safari au Bénin est le coût, beaucoup moins élevé que dans toute autre région d’Afrique.

AU REVOIR MANU…

Manu Dibango

Légendaire saxophoniste...

Âgé de 86 ans, Manu Dibango avait contracté le coronavirus. C’est la famille du légendaire saxophoniste camerounais, figure emblématique de la scène musicale africaine, qui a annoncé la nouvelle ce 24 mars 2020 : « C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans, des suites du Covid-19 » 

« Soul Makossa »(1972), le morceau qui l’a fait naître, a connu un étonnant destin. C’est le titre qui a fait naître la légende de l'afro-jazz Ce n’était au départ que la face B d’un 45 tours dont le titre phare était un hymne pour l’équipe de foot du Cameroun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations. Repéré par des DJs new-yorkais, le titre a connu mille vies. Manu Dibango avait même accusé Michael Jackson de plagiat sur un morceau de l’album « Thriller ». Un accord financier avait finalement été trouvé.

Le musicien et chanteur franco-camerounais Manu Dibango laisse derrière lui une carrière immense "dirigée par la passion". Avec "Soul Makossa", Manu Dibango a conquis la planète. Et jusqu'au 17 octobre dernier, Manu Dibango, infatigable et saxophone à la main, célébrait ses 60 ans de carrière sur la scène du Grand Rex de Paris, accompagné par l'Orchestre Lamoureux. Cette année, le saxophoniste et chanteur devait remonter sur scène en Martinique dès ce 17 avril et était encore sur scène le 1er février dernier à Montpellier en France. En plus de sa vie de musique et de concerts, Manu Dibango s'était engagé en 2018 aux côtés de Juliette Binoche en signant une tribune contre le réchauffement climatique, intitulée "Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité", publiée en Une du Monde.

Manu Dibango

60 ans de carrière

Né en 1933 au Cameroun, Manu Dibango est envoyé en France par ses parents à l'adolescence pour y poursuivre ses études, et il s'initie alors à la mandoline et au piano. Le célèbre artiste camerounais Francis Bebey, qu'il rencontre lors d'un camp de vacances, lui apprend aussi les bases du jazz et le saxophone. Ils forment un groupe ensemble et donnent quelques représentations. Après son échec au bac en 1956, et alors que son père le laisse tomber, Manu Dibango part en Belgique se produire dans des cabarets, notamment fréquentés par la communauté congolaise, si bien que son jazz évolue vers des sons africains. Il rencontre à cette époque le mannequin Coco qu'il épouse en 1957, et Le Grand Kalle qui l'engage dans l'orchestre African Jazz, ce qui le conduit à enregistrer plusieurs disques à succès en Afrique et à partir en tournée au Zaïre en 1961. En 1962, Manu Dibango prend alors la gérance d'un club à Léopoldville et sort "Twist à Léo", avant d'ouvrir son propre établissement au Cameroun en 1963, mais cette entreprise se solde par un échec.

Après son retour en France en 1965, Manu Dibango crée son Big Band en 1967 et participe aux émissions "Pulsations" où il rencontre Dick Rivers et Nino Ferrer, pour qui il sera musicien quelque temps, avant de sortir l'album "Saxy party" en 1969 lui permettant de renouer avec son public africain. En 1972, la chanson "Soul Makossa", succès mondial repris par la suite par Michael Jackson puis Rihanna, emmène Manu Dibango en tournée internationale. Artiste reconnu, Manu Dibango dirige pendant plusieurs années l'orchestre de la Radiotélévision ivoirienne et sort différents albums dont "Home made" en 1978, "Waka Juju" en 1982 et "Afrijazzy" en 1986, tout en collaborant avec de nombreux artistes comme Gainsbourg et Paul Personne. En 1988, il publie son autobiographie "Trois kilos de café".

Depuis les années 1990, Manu Dibango poursuit les enregistrements avec succès, dont "WakafriKa" en 1992, "Négropolitaines" dont le 2e volume lui vaut une Victoire de la musique, "Lamastabastani" en 1996 et "Kamer feeling" en 2001. En 2010, Manu Dibango se voit décerner la Légion d'honneur et en 2019, remonte sur scène pour une tournée anniversaire, célébrant ses 60 ans de carrière.