Edito

IMAGINER ENSEMBLE LE TRAVAIL DE DEMAIN

Imaginer ensemble le travail de demain

Un nouveau mix d’espaces physiques, virtuels, digitaux ?

Même si cette pandémie va passer, le monde n’est désormais plus à l’abri d’autres circonstances qui pourraient inciter les individus à rester chez eux. Le but n’est pas d’éradiquer les rencontres en physique lorsqu’elles sont possibles, mais il devient de plus en plus raisonnable d’instaurer une flexibilité entre collaboration présentielle et digitale.

Si après cette expérience de quelques semaines de télétravail forcé, certains auront des réticences à revivre l’expérience, ce sera sans doute car les mesures adéquates en amont n’avaient pas été préparées ou que leurs personnalités ne s’y prêtaient pas. Mais pour ceux et celles qui ont apprécié travailler de chez eux, qui se sont sentis plus performants, moins fatigués, plus concentrés, c’est l’ouverture à un autre monde organisationnel.

Après cette crise, beaucoup d’entreprises ont réalisées qu’une organisation n’est pas seulement quatre murs et un toit, elle se construit par une saine collaboration entre ses membres.

S’outiller - se doter d’un modèle permettant de reconfigurer nos modes de travail en se projetant dans un nouveau mix entre espace physique, espace virtuel et espace digital nous semble essentiel. L’espace physique est celui de nos bureaux. L’espace virtuel est l’espace synchrone que nous avons découvert en télé-travaillant : les visioconférences qui nous permettent de nous voir et d’échanger en temps réel.

LES PLUS du TELETRAVAIL

  • Gagner du temps dans les transports
  • Pouvoir travailler au calme
  • S’organiser plus librement
  • Avoir plus de temps pour sa famille, ses amis et ses loisirs

LES MOINS du TELETRAVAIL

  • L'émulation collective émanant d'un espace de travail dynamique
  • Pouvoir échanger facilement avec ses collègues
  • Une vraie coupure entre vie perso / vie pro
  • Les pauses entre collègues
Imaginer ensemble le travail de demain

Le télétravail ne peut plus disparaître ...

Le travail à distance existait déjà, mais la grande nouveauté, c’est son passage à l’échelle mondiale. Que se passe-t-il quand près de 70 % des employés basculent d’une semaine à temps plein dans les murs d’une organisation à une collaboration depuis leur domicile ?

Que l’expérience du travail à distance dans ces conditions ait été positive ou négative, elle a au moins le mérite d’avoir mis le sujet à l’ordre du jour. Le télétravail ne sera plus un tabou organisationnel. Chaque salarié aura, désormais, une opinion sur ses modalités, et peut-être que certains voudront négocier sa mise en place dans le futur. Peu d’entreprises pourront alors prétendre ne pas avoir l’arsenal technologique nécessaire. Les organisations ayant déjà une culture du travail à distance tirent beaucoup mieux leur épingle du jeu que celles qui ont été frileuses sur le sujet. Celles qui y étaient moins favorables ont dû rapidement y adhérer. D’ailleurs, être en télétravail ne signifie pas forcément travailler depuis le domicile, mais hors les murs physiques de l’organisation (chez soi, dans un espace de coworking…). En outre, salarié et gestionnaire doivent se mettre d’accord et se faire mutuellement confiance avant d’instaurer des modalités de travail à distance. Or, ce dialogue préalable n’a pas pu avoir lieu dans le contexte de crise.

Dans la précipitation, il se peut qu’il n’y ait pas eu de « communication sur la communication » de la part de l’entreprise. Or, cette « métacommunication » est l’ingrédient indispensable du succès, au risque de perdre à la fois un lien de confiance et la productivité. Comment mesurer le travail fait ? Comment se faire confiance ? Avec quels outils se contacter ? À quel moment de la journée ? À quelle fréquence ? L’étude de Deskeo (étude française réalisée sur 3000 salariés fin avril) a mis en avant qu’un tiers des salariés ayant pratiqué le télétravail pendant le confinement pensent avoir travaillé plus qu’auparavant, un chiffre très révélateur.

Aussi, la moitié de ces néo-télétravailleurs admettent faire parfois ou systématiquement l’impasse sur la pause déjeuner, alors que les habitués du télétravail ont souvent mis en place une planification et des routines leur permettant de se ressourcer. Les millions d’employés placés du jour au lendemain en télétravail n’ont pas pu s’y préparer. Beaucoup pensent devoir être connectés en permanence pour montrer qu’ils travaillent. Habitués à la visibilité physique comme gage de sérieux et d’engagement, les débutants peuvent être amenés à compenser l’invisibilité physique par une sur visibilité virtuelle.

C’est aux gestionnaires d’instaurer des lignes de conduite et des marqueurs de confiance. Cela passe par une communication claire sur les outils à utiliser et le maintien d’une communication régulière avec les équipes, qui deviennent alors beaucoup plus productives.

Aussi, les répondants de l’étude Deskeo sont 74 % à déclarer qu’ils ne font « pas grand-chose » pour préserver le lien social avec leurs collègues. S’en arrêter là ne pourrait que renforcer l’idée selon laquelle le travail à distance crée de l’isolement. Or, dans les organisations où la communication à distance est correctement gérée, c’est justement les modalités de télétravail qui permettent de conserver le lien social en temps de crise.

À noter que pour créer ce lien, avant de le conserver, les entreprises sans bureaux prévoient quasiment toutes des rencontres en physique une ou plusieurs fois dans l’année. Sur le plan formel, les vidéoconférences par Zoom rivalisent d’efficacité avec les réunions les mieux rodées. Et sur le plan informel, de nombreuses personnes ont détourné ces technologies pour instaurer des cafés ou « pauses » virtuels.

Imaginer ensemble le travail de demain

Réinventer nos modes de travail...

De retour au bureau il y a quelques semaines, il nous faut réinventer le travail en gérant un paradoxe : coopérer dans la distanciation sociale. Car le risque en germe dans les mesures barrières que nous nous apprêtons à mettre en œuvre renvoie très directement à une érosion de la qualité du lien social, du travail et du « vivre ensemble ». Huit heures passées quotidiennement au bureau pour une grande majorité d’entre nous. Autant dire notre principale fenêtre sur la vie.

Dans le monde post-covid qui vient, le réflexe le plus commun semble être de séparer avec du plexiglas pour protéger sans penser ce qui fonde l’essentiel de nos relations : nos échanges et ce qui s’y joue au quotidien. Ces échanges ne sont pas qu’économiques. La solution sera-t-elle de dresser des murs qui séparent ? Comment organiser la distanciation sociale et, simultanément, de nouvelles modalités de travail susceptibles de faire levier sur la qualité du « vivre ensemble » ? Nous faudra-t-il effacer plusieurs décennies d’innovation sociale, organisationnelle et managériale propices à un environnement de travail plus créatif et collaboratif ?

    

Zoom, Teams, Slack... la bataille des outils de visioconférence

La pratique du télétravail avec le confinement s’est développée dans le monde. Les entreprises ont dû déployer de nouveaux outils de visioconférence et les opérateurs tentent d’emporter le marché. Zoom, Slack, Teams… Peut-être ces noms, si étrangers auparavant, sont devenus vos nouveaux amis. Car c’est un autre effet engendré par le confinement et du télétravail déployé à grande échelle et marche forcé : il a accéléré la bascule dans le monde numérique, et notamment des entreprises, qui ont dû s’équiper, ou généraliser des moyens techniques auparavant peu utilisés.

Depuis le début du confinement, les solutions de visioconférence, ces réunions quotidiennes, gratuites et payantes, explosent. Une plateforme en particulier a volé la vedette à toutes les autres : Zoom, a été très largement adoptée au-delà des entreprises, ses clients traditionnels. Elle a dépassé les 300 millions de participants à des réunions quotidiennes en mai, contre 10 millions en décembre dernier.

Les autres mastodontes du secteur – tous américains -, comme Google Hangouts, Slack ou Teams bénéficient eux aussi de cette envolée. D’après un rapport publié jeudi par Microsoft, le nombre d'appels vidéo passés via "Teams", sa solution de visioconférence a bondi de 1000% en mars.

Chez Slack, autre plateforme de solutions collaboratives pour les grandes entreprises, le nombre de messages échangés a bondi de 44% depuis le début du confinement. "Nous avons une forte croissance des utilisateurs et de nouveaux profils sont arrivés comme des services publics ou des associations", confie le directeur Jean-Marc Gottero

Pour toutes ces plateformes, l’opportunité est unique, de faire de cette crise une opportunité, et transformer tous ces nouveaux venus en clients pérennes. Ainsi, Jean-Marc Goterro estime que sur le télétravail, il n’y aura pas de retour en arrière. "La digitalisation du travail va ouvrir un nouveau champ d’opportunités", analyse-t-il.

Des réunions entre collègues aux professeurs qui font cours à leurs étudiants via des classes virtuelles et aux PDG qui tiennent des sessions de questions-réponses avec des milliers d'employés, nous trouvons tous de nouvelles façons de nous rassembler à distance. Jusqu’à maintenant, si la plupart de ces services de communication ont donc brisé leurs records le mois dernier, à mesure que la moitié de la planète était appelée à rester chez elle pour enrayer la pandémie de coronavirus, l’application Zoom s’est nettement dégagée, comme une des applications reines du confinement, avec son côté ludique, comme des options qui permettent de personnaliser l’arrière-plan, en étant à la plage ou dans une bibliothèque.  Forcément, les concurrents veulent s’aligner et certaines fonctionnalités populaires chez Zoom apparaissent aussi chez eux. Cette personnalisation d’arrière-plan est devenue disponible sur Teams. Microsoft, de son côté, va aussi installer un bouton "lever la main", qui indique que l'on souhaite prendre la parole lors d'une réunion vidéo.

COUP DE GUEULE (édito)

Edito

Des parents qui tabassent et torturent leur enfant pour un vol de 1500 fcfa – des hommes assassinant des mères venant de mettre au monde leurs enfants dans une maternité - des policiers qui tuent des individus sans raison apparente – un racisme anti-blanc, anti-noir, antichinois, anti-arabe et que sais-je encore en expansion délirante … que se passe-t-il dans la tête des personnes qui font ça ? Pourquoi vouloir autant la souffrance et le mal ? Pourquoi tant de haine ?

J’ai peur aujourd’hui, pas forcément pour moi-même mais pour mes enfants. Qu’est devenu notre monde ? Que s’est-il passé durant ces dernières dizaines d’années pour qu’on en arrive là aujourd’hui ? Notre monde est devenu fou …

Mes enfants sont métisses. Il n’y a pas si longtemps on disait ‘’couleur chocolat au lait’’ – les plus beaux enfants à la naissance et dans les maternités (je sais c’est un avis très subjectif !). Mais aujourd’hui avec le racisme ambiant qui règne j’ai peur pour eux… Certains les considéreront comme des blancs ‘’yovos’’ et d’autres comme des ‘’noirs africains’’ ou encore d’autres peuvent les confondre avec des ‘’arabes’’. Ils seront dans n’importe quel cas soumis à de la haine, de la méchanceté et du racisme. Aujourd’hui, petits, ils ont encore la chance de pouvoir jouer avec tous leurs copains sans qu’on parle de couleurs.

A vous tous parents, lecteurs, amis, partenaires … parlons à nos enfants pour en faire nos ambassadeurs et nos dirigeants de demain. Il y a le bien et le mal. Faisons la différence. Expliquons-la et dirigeons nos enfants vers le juste. Apprenons-leurs à se battre pour de bonnes causes et à ne jamais baisser les bras. Le monde actuel est fait de terreur, d’incompréhension et d’injustice. Mais ce sont nos enfants qui peuvent le changer et le modeler à l’image et aux valeurs qu’on leur aura insufflées.

Apprenons-leurs à respecter autrui de la même manière qu’il soit zemidjan ou ministre. Un homme ou une femme mérite le même respect qu’importe sa couleur, son statut social ou son sexe. Nous parlons d’être humain.

Croyons et créons notre monde de demain. Continuons à être juste même si notre monde ne l’est plus.

Merci,

VG.

COMMENT REAGIT L’AFRIQUE AU CORONAVIRUS ?

Coronavirus

L’Afrique est, pour l’instant, moins touchée que le reste du monde par la pandémie de nouveau coronavirus.

La COVID-19 est différente des autres crises, car elle a entraîné des confinements nationaux dans le monde entier et une forte diminution des voyages internationaux. Bien qu’il y ait eu des fermetures pendant l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest, la nature généralisée et prolongée des restrictions actuelles est sans précédent, et ce sont ces mesures préventives qui sont au centre des préoccupations.

Au Bénin, l’importance des établissements informels, la dépendance aux transports publics et les difficultés à travailler à domicile rendent les mesures de “distanciation sociale” difficile.

Le niveau global de préoccupation au sujet de l’épidémie de coronavirus est élevé sur l’ensemble du continent : 72% déclarent être très préoccupés par le virus. Mais seulement 48% des béninois estiment qu’eux-mêmes ou leur famille risquent de contracter la maladie. Ce pourcentage est extrêmement faible dans deux pays principalement en Afrique : au Bénin et au Rwanda. Ce sentiment est notamment dû à la réponse rapide et ferme de ces pays-là face à la crise. Pour voir plus en détails, les mesures prises par notre gouvernement au Bénin, veuillez consulter le site du gouvernement : https://www.gouv.bj/coronavirus/

Nous vivons l'une des plus grandes expériences sociales dont nous n’ayons jamais été témoins. Alors que le coronavirus se propage dans le monde entier, les pays se cloisonnent les uns après les autres comme des dominos. En bloquant leurs économies, les gouvernements font passer les personnes et leur bien-être avant la croissance économique. Le monde après la pandémie pourrait-il être plus égalitaire ? Est-ce la fin de la mondialisation ? Comment réagissent les Africains face à cette crise ?

Coronavirus

NOS ARTISTES BENINOIS FACE AU CORONAVIRUS

Les artistes du monde entier se mobilisent à leur manière : gestes barrières – sensibilisation – création de chanson – clip. Au Bénin, deux belles initiatives de nos artistes. Merci !

Corona Yigooo !

Voici une belle initiative du groupe 10 volts à regarder sur youtube : « Le COVID-19 ne passera pas si nous constituons une véritable barrière. Chacun de nous à une grande responsabilité. La notre est d'informer, renseigner sur les règles fondamentales et apporter la bonne humeur en ces temps très éprouvants. »

Corona blocus – par le collectif 229

Mobilisés par Sandra Idossou de #SachetHeloue, une quinzaine d'artistes béninois du Nord au Sud, ont produit de façon bénévole une chanson de sensibilisation et une vidéo contre la pandémie du Covid 19 intitulée « CORONA BLOCUS » : Sessimè, N'dali Gani, Adjiima, Datamao, Sergent Markus, Vincent Ahéhéhinnou de PolyRythmo, Faty, Benin International Musical (BIM), Gopal Das, Tériba, Gildas Zinsou , José Elmah et Méchac Adjaho se sont succédés au studio Blue Diamond gracieusement offert pour produire cette chanson sous la direction musicale de l’arrangeur Fiacre Ahidomèhou. Fafa Ruffino, quant à elle, a malgré son absence du territoire béninois largement contribué à la réussite de ce titre en proposant un couplet en Dendi. Au total, le Collectif 229 contre le Coronavirus a formulé plusieurs messages de sensibilisation en 13 langues (Fon, Xwla, Mina, Goun, Adja, Yoruba, Dendi, Tori, Ditamari, Bariba, Lokpa, Idaatcha et Français) sur cette chanson.

 

EXTRAIT DE L’ETUDE GEOPOLL

Réalisée du 2 au 9 avril 2020- sur 12 pays Africains – via SMS et webmobile

96 % des personnes interrogées ont déclaré avoir pris des mesures pour éviter de contracter le coronavirus. L’amélioration de l’hygiène, qui comprendrait une augmentation du lavage des mains, est la mesure la plus courante. 54 % des interrogés ont déclaré avoir amélioré leur hygiène. Près de la moitié évitent les lieux publics, l’une des principales causes de la propagation d’une maladie hautement transmissible, mais seuls 20 % déclarent travailler à domicile et 18 % évitent les transports publics.

Nous avons constaté que, dans l’échantillon atteint,
la fréquence de lavage des mains était assez élevée
: 56 % déclarent se laver les mains avec de l’eau
et du savon plus de 5 fois par jour. Seulement 4 %
des personnes interrogées déclarent ne jamais se laver les mains. Bien que les statistiques
sur les comportements de lavage des mains en
Afrique subsaharienne soient mitigées et dépendent
souvent de la disponibilité de l’eau et du savon, des efforts ont été faits pour installer des stations de
lavage des mains partout dans les villes d’Afrique.

L’étude s’est également penchée spécifiquement sur l’auto-quarantaine, lorsqu’une personne ou une famille reste à la maison, sauf pour des tâches essentielles comme l’achat de nourriture ou la recherche de soins médicaux. Au total, nous avons constaté qu’un pourcentage assez élevé, 70 %, déclare être en mis en auto-quarantaine. Toutefois, cela varie selon les pays : 91 % des personnes en Afrique
du Sud et 90 % des personnes au Rwanda, qui sont toutes deux soumises à des mesures de confinement imposées par le gouvernement, sont en quarantaine, tandis que chez nous au Bénin seuls 57 % restent chez eux.

Coronavirus

ET L’APRES CORONAVIRUS EN AFRIQUE ?

 

La société civile africaine détient-elle les clés de la situation ? La crise actuelle pourrait donner aux Africains l’occasion d’opérer « un saut quantique » en usant massivement des services de télémédecine, d’identification numérique, de paiement mobile, d’apprentissage en ligne, de géolocalisation, d’entraide ou de mobilité partagée.

 

La collaboration active entre les communautés tech africaines aux quatre coins du continent permettra de soulager des services publics saturés ou défaillants. Accès aux services essentiels, aux soins, paniers alimentaires, tontines pour regrouper les investissements à l’échelle d’un village ou d’un quartier… Les solutions numériques civiques doivent être déployées à l’échelle de villes de plus en plus denses. Dans cette épreuve, l’Afrique doit démontrer à nouveau son ingéniosité et miser sur la résilience solidaire de sa société civile et la créativité de sa jeunesse. Le continent pourrait alors montrer au monde une troisième voie ?

 

Une belle note d’espoir pour finir par l’ivoirien Franck Hermann Ekra, « l’idée qu’une meilleure réponse pourrait provenir d’une Afrique coutumière de l’épreuve, des arts de faire et de résistance, d’une économie de l’inventivité et de la débrouille, s’est progressivement imposée sous la forme d’un fol espoir : celui d’une exception africaine face aux dangers qui menacent la biosphère. »

Les Africains sont confrontés aux mêmes difficultés que le reste du monde avec toutefois un paradoxe temporel : nos Etats subissent de plein fouet les conséquences économiques de la crise avant ses effets sanitaires. Cette situation illustre une interdépendance trop souvent réduite à la dépendance à une économie d’empire.

« L’Etat providence n’existe plus, ni en Afrique ni ailleurs. L’idée même de fermer des villes, d’inventer des frontières intérieures ad hoc pour contenir l’expansion de la pandémie métamorphose la territorialité. Ce que le confinement met au jour, ce sont d’abord les inégalités sociales renforcées, l’accès limitatif à l’approvisionnement de vivres et de biens de première nécessité, mais aussi la place cruciale de l’économie populaire. L’Afrique d’après est déjà là : je me l’imagine créative, solidaire, résiliente, c’est-à-dire par essence africaine. L’Afrique, nous le savons, est une totalité plurielle, c’est des Afriques dont il s’agit ! Elles sont si riches de leur diversité, de leur historicité, de leurs identités narratives. Poreuses aux vents du monde, elles se situent aujourd’hui du côté du tournant de l’innovation, de la digitalisation des sociétés urbaines 3.0, mais conservent un fort attachement à la ruralité qui constitue toujours un pan essentiel de leurs cultures et de leur production de chaîne de valeurs. »

Coronavirus…

Coronavirus

La pandémie de coronavirus...

La pandémie de coronavirus continue de s’accélérer et de semer le chaos partout à travers le monde avec un bilan qui dépasse les 16 000 morts au 24 mars 2020. Plus de 1,8 milliard d’habitants sont désormais confinés à travers le monde et les économies sont au bord de l’asphyxie.

Apparue en Chine fin 2019, la maladie Covid-19 est causée par le SARS-CoV-2, un virus qui appartient à la grande famille des coronavirus. Les coronavirus, qui doivent leur nom à la forme de couronne qu’ont les protéines qui les enrobent, font partie d’une vaste famille de virus dont certains infectent les animaux, d'autres l'homme. Ils sont susceptibles d’être à l’origine d’un large éventail de maladies. Chez l’homme, ces maladies vont du rhume banal à une infection pulmonaire sévère, responsable d’une détresse respiratoire aiguë. On peut s'en protéger en se lavant fréquemment les mains, et en évitant de se toucher le visage. Le nouveau coronavirus 2019 se propage essentiellement par contact avec une personne infectée, lorsqu'elle tousse ou éternue, ou par l'intermédiaire des gouttelettes de salive ou de sécrétions nasales. En fonction des températures et du taux d'humidité, le virus peut survivre quelques heures, voire quelques jours, sur diverses surfaces si elles ne sont pas désinfectées.

Un des facteurs de transmission les plus importants semble être le contact des mains avec des surfaces infectées puis avec la bouche, le nez ou les yeux. C'est pourquoi il est essentiel d'éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche (qui sont des portes d'entrée possibles du virus dans votre organisme) avec des mains sales. Les mesures dites "barrières" sont donc indispensables pour limiter l'impact du virus : se laver fréquemment les mains avec du savon ou du gel hydroalcoolique, éternuer ou tousser dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, ne pas se serrer la main, ne pas faire la bise pour dire bonjour

Les symptômes les plus courants du virus sont une forte fièvre (supérieure à 37,5°C) et une toux sèche ou grasse. Certaines personnes peuvent également souffrir de courbatures, de maux de tête, d’une sensation d'oppression ou d’essoufflement. Ces symptômes évoquent une infection respiratoire aiguë. Dans les cas plus graves, l'infection peut provoquer "une détresse respiratoire, une insuffisance rénale aiguë, voire une défaillance multiviscérale pouvant entraîner la mort", indique le ministère de la Santé. Compte tenu du fait que les symptômes du Covid-19 peuvent être confondus avec ceux d'une grippe, le seul moyen de confirmer le diagnostic est d'effectuer un test biologique par prélèvement naso-pharyngé.

QU’EST QU’UNE PANDEMIE ?

Une pandémie s'étend à un continent, voire au monde entier.

Le Coronavirus découvert en Chine en décembre 2019 progresse à grande vitesse dans les pays du monde et le nombre de cas augmente au fil des heures, notamment en Europe. L'épidémie de Covid-19 est déclarée comme pandémie par l'OMS. Qu'est-ce que c'est concrètement et quelle différence avec une épidémie ?

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), on parle de pandémie en cas de propagation mondiale d'une nouvelle maladie. A date de rédaction de cet article (24.03.2020), 169 pays sont touchés dans le monde (sur 198 reconnus par l'ONU). L'épidémie de coronavirus est devenue une pandémie le 11 mars comme annoncé par l'OMS ce même jour. La grande majorité de la population n'étant pas immunisée contre ce nouveau virus, son impact et sa gravité sont potentiellement plus élevés que dans le cas d'un virus déjà connu. "Si un pourcentage élevé de la population est infecté, même si la proportion des sujets infectés contractant une forme grave est faible, le nombre total des cas graves peut devenir relativement important".

La principale différence entre épidémie et pandémie réside dans l'ampleur géographique de la maladie. Une épidémie (du latin epidemia qui signifie "à la maison") correspond au développement et à la propagation rapide d'une maladie contagieuse, le plus souvent d'origine infectieuse, chez un grand nombre de personnes. L'épidémie se limiterait donc à une région, un pays ou à une zone bien définie.

En revanche, une pandémie (du grec pan qui signifie "tout" et demos qui signifie "peuple") est une épidémie avec plusieurs foyers. La pandémie s'étend à toute la population d'un continent, voire au monde entier. Son impact et sa gravité (nombre de contaminations et taux de mortalité) sont donc plus importants que ceux d'une épidémie.

Les milliers de contaminations et de décès dus au coronavirus font qu'il s'agit officiellement d'une "pandémie" avec la présence du virus dans près de 170 pays du monde et le développement de zones à risque hors de la Chine, notamment à Singapour, en Corée du Sud, en Iran et en Italie. Ces zones étant devenues de véritables foyers de l'épidémie, l'OMS a officiellement reclassé le Covid-19 en "pandémie", le mercredi 11 mars 2020. Une décision prise à cause des "niveaux alarmants de propagation et de gravité" du coronavirus dans le monde.

Quand l'OMS déclare officiellement le stade de pandémie, ses 198 Etats Membres doivent respecter le Règlement sanitaire international (RSI). Il s'agit d'un accord qui oblige les Etats Membres de l'OMS à collaborer au profit de la sécurité sanitaire mondiale. Concrètement, ces pays s'engagent à renforcer leurs capacités en matière de détection, d'évaluation et de notification des événements de santé publique. Et aussi à mettre en place des mesures particulières dans les ports, les aéroports et les postes pour limiter la propagation du virus. Cela peut consister par exemple à commander du matériel médical, à faire des restrictions dans les transports, à mobiliser une réserve sanitaire, à fermer certains lieux publics, à stocker des vaccins, à construire des établissements hospitaliers…

Les pandémies les plus mortelles dans l'Histoire

  • La pandémie de la peste noire, causée par la bactérie Yersinia pestisa sévi en Asie, au Moyen-Orient, au Maghreb et en Europe. Elle se déclare pour la première fois en 1334 dans la province de Hubei en Chine. De 1347 à 1352, la peste noire fait 25 millions de victimes en Europe, ce qui correspond environ à la moitié de la population européenne à l'époque et 25 millions de morts dans le reste du monde, notamment en Chine, en Inde, en Egypte, en Perse et en Syrie. La peste noire est principalement transmise par les poux, les piqûres de puces et les rats.
  • La grippe espagnole, maladie causée par une souche de type A H1N1 particulièrement violente, est une pandémie qui a contaminé plus d'un tiers de la population mondialeentre 1918 et 1919. Elle aurait tué, selon l'Institut Pasteur, plus de 50 millions de personnes, soit 5 fois plus que lors des batailles de la Première Guerre mondiale. Très peu de régions dans le monde ont échappé à cette pandémie.
  • Depuis 1981,le sida, causé par le virus du VIH, a provoqué 32 millions de morts à travers le monde, précise le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/Sida (Onusida). La pandémie de Sida a commencé à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans les années 1920, avant de se propager au monde entier.
  • Le choléra, maladie diarrhéique aiguë provoquée par l'ingestion de la bactérie Vibrio cholerae, est apparu en 1817. La première pandémie de choléra (1817-1824) frappe tout l'Extrême-Orient, l'Afrique orientale et l'Asie Mineure. La pandémie actuelle (la septième) a démarré en Asie du Sud, en 1961, a atteint l'Afrique en 1971, puis le continent américain en 1991. Au total, on comptabilise 7 pandémies de choléra qui ont tué et tuent encore aujourd'hui des millions de personnes. D'après l'OMS, il y aura chaque année entre 1.3 et 4 millions de cas de choléra et près de 143 000 décès dus à la maladie dans le monde.
  • La variole, maladie contagieuse aiguë causée par le virus variolique, a tué près 50 millions de personnes dans le monde chaque année, entre le début des années 1950 et le début des années 70. On comptabilise entre 300 et 500 millions de victimes pendant le XXe siècle. Grâce aux campagnes de vaccination mondiales, la variole a été éradiquée en 1980, selon l'OMS. C'est la première maladie à avoir été combattue par des actions concertées et ciblées à l'échelle mondiale.

 

 

Coronavirus

RESTEZ CHEZ VOUS

« Restez chez vous » : le mot d'ordre se répand un peu partout sur la planète. De Wuhan en Chine à la Bolivie, en passant par la France et par New York, près d'un milliard de personnes doivent rester à leur domicile et ainsi éviter de contracter le virus. Celui-ci a déjà contaminé plus de 300 000 personnes dans le monde et fait au moins 16 000 morts au 24.03.2020. Plus d’1,8 milliards de personnes à travers la planète sont désormais assignées à résidence et les barrages se renforcent.

« Restez chez vous », « fermez tout » : les mots d'ordre pour éviter à tout prix les rassemblements et contacts favorisant l’épidémie du coronavirus se répandent partout dans le monde, face à une contagion planétaire rapide et à un bilan effroyable. Parfois c'est une recommandation, parfois une obligation légale. Partout, la consigne est claire : se tenir à distance les uns des autres. Chez nous au Bénin, la « distanciation sociale » tient cependant de l'utopie….

 

GESTION MONDIALE OU INDIVIDUELLE ?

La crise du coronavirus est l’occasion de s’interroger sur les fonctionnements de nos sociétés, et en particulier sur notre capacité à gérer nos biens communs ensemble.

La pandémie de coronavirus est une crise sanitaire sans précédent pour les sociétés modernes. Jamais depuis la grippe espagnole le monde contemporain mondialisé n’avait dû faire face à une épidémie à la fois si rapide, si contagieuse et si difficile à gérer. Partout dans le monde, on lutte comme on peut contre la propagation du virus et ses conséquences sanitaires, sociales et économiques.

Mais déjà, cet épisode fait réfléchir. En effet, notre manière de gérer cette crise collectivement et individuellement en dit long sur la façon dont nous sommes structurés en tant que société. Il est frappant de constater à quel point la prise de décision au sujet du coronavirus a été saccadée, fragmentée. Chaque pays prend ses décisions de manière isolé.

Enfin, les réactions suscitées par la crise sont aussi éclairantes au niveau individuel. Alors que depuis des semaines les autorités et les médias ressassent en boucle les consignes de sécurité, on a vu fleurir les comportements les plus irrationnels.

Il y a d’abord ceux qui ignorent les alertes, ne respectent pas les consignes de quarantaine, continuent de se déplacer, se rassembler, augmentant ainsi les risques de propagation. Ensuite, en Europe et aux Etats-Unis, il y a eu la ruée sur les masques de protection, qui devaient pourtant être attribués en priorité aux personnels soignant. Même chose aujourd’hui dans le domaine alimentaire ou dans les produits d’hygiène de base : on se précipite au supermarché pour faire des réserves. Résultat, la gestion des stocks et des flux est rendue délicate, avec des risques de pénuries temporaires ou locales. Là encore, on le voit, chacun semble enclin à faire passer son intérêt particulier et ses angoisses avant l’intérêt collectif. Et là encore, c’est un trait profondément humain que l’on retrouve à la racine de la majorité de nos problèmes de gestion des biens collectifs.

Et on pourrait aussi mentionner la diffusion et le partage massif de fake news et de désinformation, chacun contribuant à rajouter de la confusion à la crise.

Tout cela devrait nous amener à réfléchir sur notre capacité à surmonter les crises. À les identifier d’abord, à les anticiper, ensuite, et puis à les gérer. Par définition, les crises peuvent survenir n’importe quand et aucune société n’en est à l’abri.

 

KÚ D’ÀZƆ̃

polyrythmo, nov-2018, Edito

A Bénin Couleurs, il y a des dimensions essentielles qui nous permettent de rythmer notre magazine et qui guide notre ligne éditoriale depuis 127 éditions : le respect de nos ancêtres et de nos traditions en sont deux importantes.

A Bénin Couleurs, on est patriotique. On est fiers de notre pays et on défend nos couleurs.

A Bénin Couleurs, on aime la culture et les rythmes de chez nous…

Alors comment passer à côté du jubilé d’or de l’un de nos groupes favoris ?

Pour nous les Poly-Rythmo, c’est le groupe qui symbolise notre histoire. Cet orchestre légendaire a encaissé les années sans succomber aux changements politiques, aux musiques digitales ou aux déchirements auxquels beaucoup de groupe succombe rapidement. Et ce grâce à la discipline et au respect du groupe et de chacun. Leurs rythmes ont bercé des générations entières et continuent encore aujourd’hui de nous faire danser. Un monument de notre pays, de notre histoire, de notre culture.

Une édition spéciale, juste pour leur dire MERCI et bonne suite… car ce n’est pas fini on le sait.

Côté mode, c’est la styliste Stella Jean, italo-haïtienne qui a mis notre culture à l’honneur à l’autre bout du monde le mois dernier. Un grand merci aussi pour cet hommage au Bénin dans l’un des événements les plus prisés du milieu de la mode: la fashion week de Milan.

Côté sport, un très grand merci à nos Ecureuils. On est fiers !!! Côté cuisine, on cuisine « original » avec les ingrédients bien de chez nous. Cocotte&co nous fait rentrer dans son monde et on adhère. Merci. Bénin Couleurs, c’est le Bénin, ses spécificités, ses traditions, sa culture, sa cuisine, et ses couleurs …. On aime notre pays et on espère vous le faire aimer encore plus à chaque page et à chaque numéro.

Bonne lecture à tous,

 

VG

TOCE MƐ NU DUDU !

Nourriture au Bénin

Ce mois-ci, Bénin Couleurs a testé toutes les spécialités de son beau pays ! Notre pays regorge de spécialités toutes plus gouteuses les unes que les autres. Impossible de faire un choix ni un classement. On aime tout. De multiples plats qui nous manquent à tous instantanément dès que nous mettons un pied hors de notre pays.

Des pâtes de toutes les couleurs et de toutes les textures. De la viande, du poisson, des crustacés, du fromage peulh … Des sauces liquides, épaisses, gluantes, légumineuses… Il y en a pour tous les goûts et toutes les humeurs. Notre dossier spécial ne reprend qu’une liste exhaustive de certains plats. Nous avons retracé essentiellement vos réponses à nos questions sur notre page facebook ! Merci à tous pour votre aide.

Nous vous proposons à la toute fin du magazine une retrace spéciale by la petite fouineuse ! Tous aux fourneaux

Notre billet d’humeur reste dans la thématique en parlant du concept de nourriture "healthy". Contradiction avec les plats bien de chez nous ? Ouiii on pense bien. Mais à Bénin Couleurs, on aime les contradictions. Que serait notre vie sans un peu de contradictions ? On s’ennuierait !

Un petit clin d’œil à notre partenaire de toujours, Sobebra, qui s’est refait une beauté dernièrement.

Bonne dégustation à tous,

VP.