Je ne veux pas d’enfant et alors ?

Femmes

Vouloir d’enfants pour une femme est un sacrilège...

Dans notre société, le fait même d’envisager l’hypothèse oh combien <malheureuse > de ne pas vouloir d’enfants pour une femme est un sacrilège.

Clairement personne ou très peu de personnes peuvent comprendre ce choix de vie alors que chacun au demeurant a le droit de faire ce qu’il veut de son corps. Avons-nous été uniquement créé dans le but ultime de nous reproduire à l’infini ?

Cette discussion je l’ai eue souvent avec des personnes de mon entourage et je constate à mon grand regret que la femme est encore beaucoup trop chosifiée. Au-delà de la pression sociale qui est déjà un facteur déprimant, il y a surtout le regard, les mots et le désespoir que nos proches laissent transparaître ; à croire qu’on leur a dit qu’on souffrait d’un cancer en phase terminale

Il est nécessaire de savoir que dans certains cas, les femmes se sont rendues compte très tôt qu’elles ne voulaient pas être mères. D’autres l’ont réalisé en grandissant. Certaines ont parfois changé d’avis avec le temps mais dans l’absolu, toutes ces femmes qui le disent sont plutôt sûres d’elles et de leur décision : la maternité, ce n’est pas pour elles. Un choix qui ne concerne qu’elles (et leur couple) mais que des membres de leur famille ou des inconnus n’hésitent pourtant pas à commenter.

« Alors, quand est-ce que tu vas avoir un bébé ? »

Que la femme soit célibataire ou en couple, dans la vingtaine ou la trentaine, elle ne pourra pas échapper indéfiniment à cette question. Elle peut très bien venir d’une tante ou d’une grand-mère qui s’impatiente de ne pas avoir de petits-enfants ou même de l’amie de la cousine de l’organisatrice de la soirée que vous n’aviez jamais vue avant.

Aux yeux de certains, une femme en âge de procréer qui ne veut pas d’enfant cache en effet un problème sur lequel il faut mettre le doigt en posant le plus de questions possibles ou, pire, en tentant de la convaincre qu’un enfant est la plus belle chose qui pourrait lui arriver.

Dans ces cas, certaines pour détourner l’attention se dérobent en disparaissant du champ de vision de l’enquêteur ou pour les plus téméraires, elles posent en retour des questions très personnelles à l’interlocuteur en face de façon à le mettre aussi mal à l’aise que possible.

Ces questions qui peuvent paraître anodines sont loin de l’être car l’on ne sait pas toujours quel est le vécu, les problèmes et le ressenti de la femme a laquelle on pose la question.

Elles reflètent bien que dans l'inconscient de la société, avoir un bébé est une étape incontournable de la vie. Mais ce n'est pas une étape du tout en fait. C'est un choix, pas une suite logique dans le développement d'une personne.

Un débat qui se conclut parfois par la célèbre phrase moralisatrice “Tu finiras par changer d’avis” quand l'interlocuteur réalise qu’il ne lui suffira pas de 2-3 arguments pour ébranler une décision mûrement réfléchie.

Pourquoi la femme qui ne souhaite pas avoir d’enfants doit se justifier, argumenter ou expliquer son choix aux autres ? N’a-t-elle pas tout simplement le droit de disposer de son corps comme bon lui semble ? Le nombre d’enfants abandonnés qui ont besoin d’amour, d’attention et de parents n’est- il pas assez pour qu’on ait la possibilité de choisir de ne pas faire soi-même un enfant ?

Nos propos parfois, sans qu’on s’en rende compte peuvent être culpabilisants voire carrément violents et peuvent avoir un impact sur l’estime de soi de ces femmes.

Dernière chose : On ne fait pas un enfant pour faire plaisir aux autres. Donc arrêtons d’être inquisiteur sur la vie et le corps d’une femme qui a fait ce choix.

Stop à la culpabilisation des femmes !

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