COMMENT REAGIT L’AFRIQUE AU CORONAVIRUS ?

Coronavirus

L’Afrique est, pour l’instant, moins touchée que le reste du monde par la pandémie de nouveau coronavirus.

La COVID-19 est différente des autres crises, car elle a entraîné des confinements nationaux dans le monde entier et une forte diminution des voyages internationaux. Bien qu’il y ait eu des fermetures pendant l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest, la nature généralisée et prolongée des restrictions actuelles est sans précédent, et ce sont ces mesures préventives qui sont au centre des préoccupations.

Au Bénin, l’importance des établissements informels, la dépendance aux transports publics et les difficultés à travailler à domicile rendent les mesures de “distanciation sociale” difficile.

Le niveau global de préoccupation au sujet de l’épidémie de coronavirus est élevé sur l’ensemble du continent : 72% déclarent être très préoccupés par le virus. Mais seulement 48% des béninois estiment qu’eux-mêmes ou leur famille risquent de contracter la maladie. Ce pourcentage est extrêmement faible dans deux pays principalement en Afrique : au Bénin et au Rwanda. Ce sentiment est notamment dû à la réponse rapide et ferme de ces pays-là face à la crise. Pour voir plus en détails, les mesures prises par notre gouvernement au Bénin, veuillez consulter le site du gouvernement : https://www.gouv.bj/coronavirus/

Nous vivons l'une des plus grandes expériences sociales dont nous n’ayons jamais été témoins. Alors que le coronavirus se propage dans le monde entier, les pays se cloisonnent les uns après les autres comme des dominos. En bloquant leurs économies, les gouvernements font passer les personnes et leur bien-être avant la croissance économique. Le monde après la pandémie pourrait-il être plus égalitaire ? Est-ce la fin de la mondialisation ? Comment réagissent les Africains face à cette crise ?

Coronavirus

NOS ARTISTES BENINOIS FACE AU CORONAVIRUS

Les artistes du monde entier se mobilisent à leur manière : gestes barrières – sensibilisation – création de chanson – clip. Au Bénin, deux belles initiatives de nos artistes. Merci !

Corona Yigooo !

Voici une belle initiative du groupe 10 volts à regarder sur youtube : « Le COVID-19 ne passera pas si nous constituons une véritable barrière. Chacun de nous à une grande responsabilité. La notre est d'informer, renseigner sur les règles fondamentales et apporter la bonne humeur en ces temps très éprouvants. »

Corona blocus – par le collectif 229

Mobilisés par Sandra Idossou de #SachetHeloue, une quinzaine d'artistes béninois du Nord au Sud, ont produit de façon bénévole une chanson de sensibilisation et une vidéo contre la pandémie du Covid 19 intitulée « CORONA BLOCUS » : Sessimè, N'dali Gani, Adjiima, Datamao, Sergent Markus, Vincent Ahéhéhinnou de PolyRythmo, Faty, Benin International Musical (BIM), Gopal Das, Tériba, Gildas Zinsou , José Elmah et Méchac Adjaho se sont succédés au studio Blue Diamond gracieusement offert pour produire cette chanson sous la direction musicale de l’arrangeur Fiacre Ahidomèhou. Fafa Ruffino, quant à elle, a malgré son absence du territoire béninois largement contribué à la réussite de ce titre en proposant un couplet en Dendi. Au total, le Collectif 229 contre le Coronavirus a formulé plusieurs messages de sensibilisation en 13 langues (Fon, Xwla, Mina, Goun, Adja, Yoruba, Dendi, Tori, Ditamari, Bariba, Lokpa, Idaatcha et Français) sur cette chanson.

 

EXTRAIT DE L’ETUDE GEOPOLL

Réalisée du 2 au 9 avril 2020- sur 12 pays Africains – via SMS et webmobile

96 % des personnes interrogées ont déclaré avoir pris des mesures pour éviter de contracter le coronavirus. L’amélioration de l’hygiène, qui comprendrait une augmentation du lavage des mains, est la mesure la plus courante. 54 % des interrogés ont déclaré avoir amélioré leur hygiène. Près de la moitié évitent les lieux publics, l’une des principales causes de la propagation d’une maladie hautement transmissible, mais seuls 20 % déclarent travailler à domicile et 18 % évitent les transports publics.

Nous avons constaté que, dans l’échantillon atteint,
la fréquence de lavage des mains était assez élevée
: 56 % déclarent se laver les mains avec de l’eau
et du savon plus de 5 fois par jour. Seulement 4 %
des personnes interrogées déclarent ne jamais se laver les mains. Bien que les statistiques
sur les comportements de lavage des mains en
Afrique subsaharienne soient mitigées et dépendent
souvent de la disponibilité de l’eau et du savon, des efforts ont été faits pour installer des stations de
lavage des mains partout dans les villes d’Afrique.

L’étude s’est également penchée spécifiquement sur l’auto-quarantaine, lorsqu’une personne ou une famille reste à la maison, sauf pour des tâches essentielles comme l’achat de nourriture ou la recherche de soins médicaux. Au total, nous avons constaté qu’un pourcentage assez élevé, 70 %, déclare être en mis en auto-quarantaine. Toutefois, cela varie selon les pays : 91 % des personnes en Afrique
du Sud et 90 % des personnes au Rwanda, qui sont toutes deux soumises à des mesures de confinement imposées par le gouvernement, sont en quarantaine, tandis que chez nous au Bénin seuls 57 % restent chez eux.

Coronavirus

ET L’APRES CORONAVIRUS EN AFRIQUE ?

 

La société civile africaine détient-elle les clés de la situation ? La crise actuelle pourrait donner aux Africains l’occasion d’opérer « un saut quantique » en usant massivement des services de télémédecine, d’identification numérique, de paiement mobile, d’apprentissage en ligne, de géolocalisation, d’entraide ou de mobilité partagée.

 

La collaboration active entre les communautés tech africaines aux quatre coins du continent permettra de soulager des services publics saturés ou défaillants. Accès aux services essentiels, aux soins, paniers alimentaires, tontines pour regrouper les investissements à l’échelle d’un village ou d’un quartier… Les solutions numériques civiques doivent être déployées à l’échelle de villes de plus en plus denses. Dans cette épreuve, l’Afrique doit démontrer à nouveau son ingéniosité et miser sur la résilience solidaire de sa société civile et la créativité de sa jeunesse. Le continent pourrait alors montrer au monde une troisième voie ?

 

Une belle note d’espoir pour finir par l’ivoirien Franck Hermann Ekra, « l’idée qu’une meilleure réponse pourrait provenir d’une Afrique coutumière de l’épreuve, des arts de faire et de résistance, d’une économie de l’inventivité et de la débrouille, s’est progressivement imposée sous la forme d’un fol espoir : celui d’une exception africaine face aux dangers qui menacent la biosphère. »

Les Africains sont confrontés aux mêmes difficultés que le reste du monde avec toutefois un paradoxe temporel : nos Etats subissent de plein fouet les conséquences économiques de la crise avant ses effets sanitaires. Cette situation illustre une interdépendance trop souvent réduite à la dépendance à une économie d’empire.

« L’Etat providence n’existe plus, ni en Afrique ni ailleurs. L’idée même de fermer des villes, d’inventer des frontières intérieures ad hoc pour contenir l’expansion de la pandémie métamorphose la territorialité. Ce que le confinement met au jour, ce sont d’abord les inégalités sociales renforcées, l’accès limitatif à l’approvisionnement de vivres et de biens de première nécessité, mais aussi la place cruciale de l’économie populaire. L’Afrique d’après est déjà là : je me l’imagine créative, solidaire, résiliente, c’est-à-dire par essence africaine. L’Afrique, nous le savons, est une totalité plurielle, c’est des Afriques dont il s’agit ! Elles sont si riches de leur diversité, de leur historicité, de leurs identités narratives. Poreuses aux vents du monde, elles se situent aujourd’hui du côté du tournant de l’innovation, de la digitalisation des sociétés urbaines 3.0, mais conservent un fort attachement à la ruralité qui constitue toujours un pan essentiel de leurs cultures et de leur production de chaîne de valeurs. »

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