Ulrich Sossou, incubateur de startups Béninoises

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LEPETITJOURNAL.COM/COTONOU : BONJOUR ULRICH, MERCI D’AVOIR ACCEPTÉ DE RÉPONDRE AUX QUESTIONS DE LEPETITJOURNAL.COM/COTONOU. POUVEZVOUS NOUS DIRE QUI VOUS ÊTES ?
ULRICH SOSSOU :

Bonjour, je suis béninois, je suis né à Cotonou, j’ai 29 ans et suis co-fondateur d’un incubateur d’entreprises TEKXL, que nous avons créé avec Senam Beheton en 2014. Nous sommes en train de nous implanter dans plusieurs pays en Afrique de l’Ouest, à Dakar dans les prochains mois puis dans d’autres pays.

AVANT DE LANCER CETTE ENTREPRISE TEKXL, AVIEZ-VOUS LANCÉ D’AUTRES PROJETS ?

Avant TEKXL j’ai travaillé à partir de 2006 d’abord en tant que consultant puis en créant moi-même mes propres produits dans le domaine du numérique. J’ai compris que lorsque les gens ont un problème, si tu leur trouves une solution, ils sont prêts à

te payer pour cela. J’ai donc commencé à trouver des solutions en tant que consultant et après j’ai décidé de le faire en tant qu’entrepreneur pour répondre à des problèmes plus vastes, que des millions de personnes rencontrent, et pour transformer cette solution en business modèle.

EN QUOI CONSISTE EXACTEMENT TEKXL ?

C’est un incubateur d’entreprise pas nécessairement d’entreprises numériques, mais qui utilisent le numérique pour résoudre des problèmes à grande échelle de clients basés au Bénin ou à l’étranger. L’objectif de cet incubateur c’est d’accompagner d’autres entrepreneurs dans la création de leur entreprise à forte valeur ajoutée. En tant que consultant j’ai eu à travailler sur des solutions à l’attention de milliers, voir de millions de personnes, mais c’était essentiellement pour des entreprises qui ne sont pas au Bénin. En discutant avec mon co-fondateur on s’est posé la question de savoir comment est-ce qu’au Bénin, dans


 

un pays qui n’est pas encore très développé d’un point de vue du numérique, on pouvait mettre nos compétences à contribution. On s’est dit qu’on allait aider les entreprises ici à développer leurs propres solutions en trouvant un business modèle qui soit à moindre coût pour elles. C’est pour ça qu’on a décidé de faire cet incubateur où l’on ne demande pas aux entreprises de nous payer pour nos services, mais on les aide à monter leur entreprise en prenant des parts dedans. On investit nous-même dans certaines d’entre elles.

SUR LA BASE DE QUOI SE FAIT LA SÉLECTION DES ENTREPRISES QUI ENTRENT DANS VOTRE INCUBATEUR ?

Ce sont souvent des personnes qui ont des projets qui viennent nous voir, mais souvent ce sont aussi des étudiants qui n’ont pas encore de projet et on les aide à en trouver un. La sélection se fait sur la base de l’engagement de la personne, sur ses aptitudes et sa volonté à devenir un bon entrepreneur et à créer quelque chose de viable et à forte valeur ajoutée.

SUR QUOI VOUS RÉMUNÉREZ-VOUS ? SUR LE CHIFFRE D’AFFAIRE DE SES ENTREPRISES ?

Non pas sur le chiffre d’affaire, car ce sont des entreprises qui sont censée être à forte croissance et si on prend une part sur leur chiffre d’affaire cela va ralentir leur croissance. L’idéal est qu’elles aient toutes les ressources pour grandir rapidement. On prend un pourcentage de parts dans l’entreprise et c’est une fois qu’elle entre en bourse ou qu’elle est revendue que nous récupérons de l’argent. C’est vraiment un investissement sur le long terme pour nous. C’est un investissement aussi personnel.

COMMENT VOYEZ-VOUS LE FUTUR DE TEKXL ? PENSEZ-VOUS QUE LE BÉNIN AIT BESOIN AUJOURD'HUI DE CE GENRE D'INITIATIVE ?

Oui, le Bénin a besoin de ça car le numérique aujourd’hui est un élément très important en terme d’innovation, quelque soit le domaine. Lorsque l’on veut développer des produits ou services, résoudre des problèmes très rapidement, passer par des solutions numériques coûtent beaucoup moins cher, quelque soit le domaine (santé, finance, commerce, etc.). Lorsque l’on veut mettre en place une industrie, il faut de gros financements alors qu’avec le numérique, il faut juste des connaissances, une bonne connexion internet, des ordinateurs pour créer des services à forte valeur ajoutée pour le pays.

Aujourd’hui avec TEKXL on a la capacité d’incuber une dizaine d’entreprise. Chaque entreprise reste environ 18 mois à partir du moment où elle arrive avec son projet jusqu’au moment où elle est capable de générer du revenu.

Merci à Florence Bourreau.

Article datant du lundi 11 avril 2016.

Version intégrale sur le site www.lepetitjournal.com/cotonou

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