Le royaume de Nikki – 2ème partie

Royaume de Nikki

De Cotonou à Nikki

De Cotonou à Nikki (fin)

…Tout est à perte de vue. La savane est immense, vierge. On se rend compte qu’une grande partie de la terre est inexploitée. La végétation est de moins en moins verte, le climat de plus en plus sec mais la terre toujours à perte de vue. Quelques fois, à l’entrée de certaines villes ou de certains villages, on voit, comme sortie de nulle part, une usine. Certaines semblent être encore en activité, certaines sont délaissées, sans aucune chance de fonctionner à nouveau un jour car déjà usées par le temps, les intempéries tandis que d’autres donnent l’air d’être tout simplement des éléphants blancs.

Une agitation à nulle autre pareille vient nous sortir de nos observations et critiques. Des hommes, femmes, enfants de tous âges sortent des rues comme des fourmis. Tous sont habillés de robes ou de longs boubous. Les femmes un foulard sur la tête et les hommes un bonnet de la même couleur que leur habit : N’Dali. A l’heure où le ‘’port du casque obligatoire’’ bat son plein à Cotonou, il est fièrement remplacé ici par des bonnets et autres chapeaux traditionnels.

Le soleil continue de nous envelopper d’une chaleur accablante. Ceci ne nous empêche guère de contempler le paysage, la vie des choses et des êtres. Il nous a fallu faire plusieurs centaines de kilomètres de Cotonou avant de voir enfin de belles routes dans notre pays. La seule différence est que ces infrastructures routières servent plus à sécher les récoltes ou faire siester les bêtes. Pas la moindre voiture à l’horizon. Notre chauffeur prend même plaisir à rouler en plein milieu de la route, comme s’il était seul au monde. Quelques rares motos font leur apparition pour disparaitre presque aussitôt avec leur conducteur. De part et d’autre de la route se dressent majestueusement d’énormes baobabs et autres arbres du même acabit. Les rivières ou fleuves annoncés sur les panneaux ne sont en général qu’un filet de cours d’eau souffrant à vue d’œil du sable qui les engorge.

On se demande si ceux, à pieds,  que nous dépassons sur la route rentrent ou sortent de chez eux. Dans tous les cas, la distance entre deux villages ou campements est tellement grande qu’ils doivent marcher des heures. On imagine la vie de ces femmes, hommes, enfants outils à la main, paniers ou autres charges sur la tête. Derrière le charme de ces paysages se cache une dure réalité quotidienne. Celui qui affirme que tous les humains sont égaux n’a pas encore mis les pieds en ces lieux. Parfois pas le moindre dispensaire, la moindre maternité ou la moindre école en vue. Et même s’il en avait, on imagine le  personnel et les matériels dont ils disposent. Ici, c’est un pays que nous n’avions jamais vu, dont nous n’avions jamais entendu parler auparavant.

Une énième agitation nous ramène à la vie : BIENVENUE A NIKKI.

                                                                                                                                        A suivre…

Royaume de Nikki

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