Le royaume de Nikki

De Cotonou à Nikki

Pendant plusieurs années, votre magazine Bénin Couleurs, à travers la rubrique ‘’Authentique Bénin’’, vous a longuement parlé de l’histoire du royaume du Danxomɛ. Plus d’une soixantaine d’articles furent consacrés à cette histoire longue de trois cents ans. Bien-sûr, ce n’était qu’une petite idée de ce qu’a été réellement ce fameux royaume. Ce serait prétentieux de résumer trois cents ans d’histoire du Danxomɛ en ces quelques parutions mais ceci a néanmoins le mérite de donner à nos lecteurs l’envie de découvrir ou d’en connaître davantage.

Nous commençons cette nouvelle année 2017 avec l’histoire d’un royaume du nord Bénin. Et s’il y a un royaume du nord Bénin qui a une très grande aura, c’est bien celui de Nikki avec ses fabuleux cavaliers et sa célèbre fête de la Gani.

‘’Qui va loin ménage sa monture’’ et qui veut parler de Nikki doit d’abord s’y rendre.

Nous avons donc pris départ de Cotonou très tôt ce matin en direction du nord du Bénin. La nationale 2 Cotonou-Bohicon étant digne d’un parcours du combattant, nous n’avions pas eu d’autre choix que de passer par Porto-Novo, rallongeant ainsi notre périple d’environ deux heures. Pour nous consoler, la nature nous fit grâce d’un merveilleux paysage issu de la fin de la petite saison des pluies et du début de la grande saison sèche.

Malgré le charme d’un paysage beau et diversifié, le voyage devenait plus compliqué. La chaleur s’étalait de tout son long sur notre route. Le soleil brillait toujours de toutes ses dents un peu comme pour nous rappeler que c’était lui qui régnait en maitre absolu. Une première escale à Bohicon nous permit de nous rafraichir sous l’ombre d’un grand manguier. L’animation devant nous a de quoi ragaillardir. Les femmes, certaines avec leurs enfants au dos, couraient derrière les voitures, les bus pour vanter des produits de toutes sortes : lio (1), afitin(2), oranges, ananas, pain accompagné de friture, beurre, avocat, boissons diverses…les hommes ne voulaient pas se faire compter ce désordre organisé.  Certains, dans leur long boubou, y prenaient part en proposant de la viande grillée, d’autres des cartes de recharge…

Le décor changea à partir de Dassa-Zounmè. Les collines montraient timidement leur nez, laissant parfois place à une savane immense. De temps à autre, quelques hameaux par ci et là témoignaient de l’existence des hommes dans cette région du Bénin. Un peu plus loin, Savè, sans pudeur, exhiba fièrement ses mamelles à qui veut les contempler.

Soudain, un tohu-bohu vint perturber le calme du moment. Parakou s’illustra par d’innombrables va-et-vient de ses habitants, d’un incroyable trafic entre les motos, les tricycles, les voitures et autres camions, tout ceci cadencé par des cris ou des klaxons. Mais la route continue…

De part et d’autre de notre route étaient séchées des récoltes, beaucoup de céréales et quelques fois des tubercules. La vie ici prend totalement un autre rythme. On dirait que le monde est au ralenti. Les cabris et moutons traversent la route avec une nonchalance déconcertante.  Certaines de ces bêtes, telles des statues, se dressent en plein milieu de la route, sans se soucier de la circulation. Les voitures et camions, après plusieurs coups de klaxons, finirent par les éviter. La vie affiche son aspect le plus simple et le plus insolite à la fois.

A suivre…

  • Aussi appelé boule d’akassa, c’est une des nombreuses sortes de pâte de maïs ici emballée et attachée avec des feuilles de palmier
  • Bouillon local à base d’amande de néré, incontournable dans les plats et spécialités de cette région

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