Couleurs & saveurs

La cuisine de chez nous, par ville

La cuisine au Bénin, par ville

Parakou et Natitingou

LE TOUBANI : fait à base de farine de haricots ou de la farine de manioc. Il est accompagné de piment sec, d’huile et de poisson frit.

WASA-WASA : fait avec de l’igname ou du manioc et assaisonné avec de la friture. Le plus souvent dans la région de Bassila il est accompagné avec du fromage ou de la peau d’animaux appelé (kpaman) mais dans d’autres régions comme dans la ville de Natitingou ou de Parakou, ce sera du fromage de soja de la peau d’animaux ou du poisson frit.

LE WATCHÉ (ATASSI) : mélange de riz et de haricots assaisonné avec de la friture de tomate ou du piment frit. Il peut être accompagné de fromage de peulh, de la viande ou du poisson frit. Dans cette région, on fait bouillir des feuilles de mil (qui sont rouge vin) pour colorer le riz lors de la cuisson et on y ajoute de la potasse pour faciliter la digestion. Le watché est un plat qui se consomme le matin ou à midi parce qu’il est assez énergétique et sa digestion prend un peu de temps. Mais il n’est pas rare de voir des  gens le consommer le soir.

IGNAME PILÉ / SAUCE ARACHIDE OU SAUCE LÉGUMES: l’igname pilée est souvent accompagné d’une sauce d’arachide au poulet fumé. Les morceaux de wagassi (fromage local), scellent l’authenticité de la sauce. Elle s’obtient en faisant cuire de la pâte d’arachides, à laquelle on rajoute de la tomate moulue, avec de l’ail, des oignons, du gingembre du piment et du poivre. Le tout est dilué dans une quantité appropriée d’eau (selon l’épaisseur voulue) et cuit de manière adéquate.

BOUILLIE DE MIL : faite à base de graines de mil moulues, réduites en poudre qu’on laisse fermenter et cuite à l’eau de citronnelle.

Ouidah

POISSON FRIT AVEC FRITURE : c’est une sorte de sauce légume non cuite sur le feu. Le mélange de la feuille amer aman vivê avec le poisson frit, la friture et la moutarde (affiti) se mange avec l’akassa ou la pâte de maïs.

KANDJI KPO ATA CLÊ : sorte de beignet de haricot servi avec une pate emballé dans des feuilles.

Plats béninois d’origine brésilienne : féchouada et koussidou

Savalou

IGNAME PILÉ / SAUCE GRAINE : il faut cuire les noix de palme et ensuite les piler au mortier afin d’en extraire le jus. Le jus obtenu est ensuite porté au feu et réduit afin de constituer une base pour la sauce.

TAPIOCA ET GARI : tous deux des dérivés du manioc, ils sont très consommés sous plusieurs formes- bouillie pour le tapioca et délayé pour le gari.

Grand Popo / Come

LE DAKOUIN : le plat le plus apprécié des pécheurs. Une fois de retour de la pêche, les pêcheurs font un bouillon bien assaisonné des poissons pêchés, et ensuite y versent de la farine de manioc. Avec une palette ou une cuillère, ils font un mélange qui au final donne une texture de pâte que l’on accompagne de piment ou d’une sauce tomate.

CÔME : une pâte cuite à base de maïs dans des feuilles de maïs à la vapeur que l’on mange avec du poisson frit et du piment noir.

ABLO : l’ablo est une pâte de céréales cuite à la vapeur. Elle se compose de maïs, de riz, de blé ou encore d’un mélange. Les petits pains (galettes) obtenus à la cuisson sont spongieux, tendres, légèrement sucrés et fermentés. On les mange au déjeuner ou au goûter. Les galettes de ablo s’accompagnent souvent de poisson fumé, frit ou braisé.

Porto-Novo

LE GBO KPÈTÈ : est obtenu en récupérant le sang du mouton et en le transformant en une soupe qui servira à accompagner des boules d’akassa ou de la pâte de gari.

SAUCE CRINCRIN - FRITURE DE VIANDE OU POISSON -PÂTE NOIRE (TÉLIBO) : plat souvent consommé par les yorubas de Porto-Novo.

Allada

VIANDE D’AGOUTI : rat de brousse que l’on trouve près des lacs et des rivières dans la plaine côtière. Sur les marchés du sud-ouest, il est vendu frit ou fumé. L’agouti à la sauce d’arachide est un plat très apprécié.

AGOUIN (escargots sous toutes ses formes de cuissons) : brochettes, frits, incorporés dans de la friture. Un plat souvent consommé avec les escargots : dja aux escargots accompagné de télibo et sauce crin-crin.

Abomey

MANTINDJAN ET LIO : Les feuilles de Gboma ont une variété de vertus incluant la réduction du stress. Vous pouvez donc avec ce plat, joindre l’utile à l’agréable en apaisant votre système nerveux et en faisant plaisir à votre palais. Dans les foyers polygames, les rumeurs disent que la femme préférée est la meilleure cuisinière de Mantindjan. Sinon en général, les femmes béninoises sont très fières de savoir que leurs maris sont de grands fans de leur Mantindjan. “Mantindjan” se traduit littéralement en langue locale par “sauce coincée”. Coincée pour dire qu’elle contient habituellement une grande variété de viande, poisson, crevette, crabe, peau de boeuf (kpaman), tripes, fromage local (wangashi); le tout immergé dans les feuilles et un flot d’épices, de saveurs et de senteurs. Les ingrédients ultimes pour réussir son Mantindjan sont la moutarde (afintin), la poudre de sésame (goussi ) et la poudre de crevettes.

PATTE DE MIL : pâte cuite à l’eau à base de farine de mil (parfois accompagné d’une sauce gombo).

 

Cotonou

LE TCHINTCHINGA : viande de mouton grillée vendu aux abords des buvettes et dans les gares routières.

ASSROKOUIN : sauce gluante à base de noix de pommes sauvages séchées et moulues. Obè abémon, la sauce Gombo et Goussi : un mélange de gombo et de farine de graines de courges avec d'autres épices et feuilles. Elle est faite avec de l’huile de palme rouge, de la viande, du crabe, des crevettes, du poisson fumé et du fromage local (Wagassi). Cette sauce peut être consommée sans sauce tomate et accompagne pâte de maïs, pâte télibô, igname pilée, foutou etc. On la fait manger à la nouvelle maman pour cicatriser rapidement ses blessures internes selon les dires de nos mamans. La préparation est rapide et permet de conserver les nutriments des légumes utilisés. Généralement, on prépare cette sauce avec du poisson séché ou fumé.

GARI FOTO OU GALIGNIGNAN : un cousin de l’attiéké ivoirien ; les deux ayant un dérivé du manioc en commun. Le gari est cependant beaucoup plus fin que les graines d’attièkè.

RIZ AU GRAS, un riz parfumé cuit dans une sauce tomate généreusement assaisonnée (ail, oignons, poivre, gingembre, le tout moulu bien sûr). L’ajout des feuilles de laurier lors de la cuisson confère au riz au   gras, son goût particulier. On peut en fin de cuisson, ajouter une macédoine de légumes ainsi que de viande ou du poisson frit.

AMIWÔ : pâte à base de farine de maïs, cuite dans une sauce-tomate épicée et servie accompagnée de poulet frit ou braisé. Plus rarement, ce plat peut s’accompagner de viande ou de poisson.

 

La cuisine de chez nous, par région

La cuisine de chez nous au Bénin : par région

Porto-Novo et ses environs

Dans cette partie du pays, on peut déguster un délicieux porc grillé accompagné d'akassa (plus précisément à Adjara).

Le Mono-Couffo

Les habitants de ces départements ont fait du manioc le maître mot de leur alimentation. On trouve de l’agbêli (pâte de manioc fermenté), du gari préparé en semoule avec des tomates, oignons et piments le tout cuit avec un cube maggie, ou encore du Dakouin. Si vous passez par ces régions ne ratez surtout pas les ablos. De délicieux petits pains à base de farine de riz, un peu sucré, et cuits à la vapeur.

Les collines, l'Atakora, Donga, Borgou

Le nord du Bénin est considéré comme le grenier de l’Afrique. On y retrouve les plus gros producteurs de gari et de tapioca de tout le pays. Les béninois du nord sont aussi friands d’igname pilé à la sauce arachide et de la pâte noire. On trouve dans ces régions plus facilement de la viande de brousse comme l’agouti, du lapin, des cervidés et du fromage peulh.

La cuisine de chez nous

La cuisine de chez nous au Bénin

La richesse de la gastronomie béninoise réside dans le fait qu’avec la même base de produits, de nombreux plats sont réalisés, tous plus goûteux les uns que les autres. Les viandes et poissons (frais ou fumés) en sauce constituent la base de ces plats. La cuisine béninoise offre ainsi un dépaysement à travers une grande variété de recettes. Elle est essentiellement faite à base de pâte de maïs au sud du pays et d'igname au nord. La pâte est la base de la cuisine béninoise et ses compositions et couleurs diffèrent selon les régions.

Les différentes pâtes Béninoises :

  • Pâte à base de farine de maïs (wɔ̆, amè, akumè) ou pâte blanche. Toujours accompagnée d’une sauce (tomate, arachide ou légumes, avec du poisson, du poulet ou du fromage).
  • L’Akassa (Guì, ogi, kanan) est une pâte à base d'amidon de maïs fermentée.
  • Pâte rouge (amiwo, djèwɔ̆, wɔ̆ wê), toujours à base de farine de maïs, la préparation est la même que pour la pâte blanche en y ajoutant tomates, huile rouge, oignons, cube "maggie crevette". Accompagnée en général du poulet.
  • Télibo (Telibɔ̆ wɔ̆) est une pâte à base de farine de cossettes d'ignames ou pâte noire, elle se déguste avec toutes les sauces.
  • Le piron (Bà, piron) est une pâte à base de farine de manioc (le gari).
  • Igname pilé (Agǔ, agoun) est une pâte à base d'igname cuit et pilé.

Les sauces

  • Nùsúnnú : sauce tomate à base de viande ou de poisson frit.
  • Houevi mou Nùsúnnú : sauce tomate à base de poisson frais.
  • Azin Nùsúnnú : sauce tomate à base d'arachide écrasée.
  • Man, gboma, amanvivè, fon man, glassé man : sauce tomate ou non à base de légumes.
  • Févi : sauce gluante à base de gombo (okra).
  • Nεnúwì sin, Nεnúsìn : sauce gluante à base de feuilles vertes.
  • Mɔ̌yò: sauce (généralement non cuite) à base de tomate, oignons et piments.
  • Blocotto : sauce préparée avec les pattes et la tête de bœuf.
  • Dja : friture de tomates assaisonnée d’oignons et d’un mélange d’épices : ail, poivre, gingembre et piment. L’ingrédient qui vient sceller le goût unique qu’on lui connaît est la poudre de crevettes. Il peut être servi avec du riz, atassi (riz aux haricots), du Abobo (haricots), de l’igname ou des alocos, plusieurs sortes de pâtes et de sauce gluantes (gombo, crin-crin), du pain etc.

Les autres accompagnements

  • Le gari : manioc en poudre que les enfants dégustent souvent délayé dans de l’eau avec des galettes d’arachide ou de l’arachide grillé.
  • Tapioca : préparé dans de l’eau avec de la citronnelle, de la noix de coco râpée et servi avec du lait concentré.
  • L’Igname : on le trouve bouilli, frit ou pilé.
  • Les bouillies : de maïs ou de mil.

Les beignets

  • Ata : beignets de haricots
  • Talé-talé : beignets de bananes avec de la farine de blé
  • Yovo-doko : beignets simples à base de farine de blé

Les boissons

  • Le vin de palme : un peu pétillant à cause de sa fermentation
  • Le Sodabi : alcool à 70-90° distillé à partir du vin de palme ou de maïs.
  • Le bissap : commun à toute l’Afrique, c’est du jus de fleurs d’hibiscus très rafraîchissant
  • Le jus de gingembre / le jus d’ananas
  • Le Tchoukoutou : bière artisanale du nord du Bénin à base de mil

SOURCES

    • www.pleinsdepices.com
    • www.wikipedia.fr

 

Le Ramadan est là !

Le Ramadan 2018 est là ! Préparations et conseils

Le jeûne du mois de Ramadan constitue un des cinq piliers de l'Islam. Au cours de ce mois, les musulmans ayant l'âge requis selon les courants de l'islam, ne doivent ni manger, boire et fumer, ni entretenir de rapport sexuel de l'aube au coucher du soleil. Il arrive souvent que la coupure du jeûne soit synonyme de mauvaise alimentation. Trop gras, trop sucrés, trop et mal équilibré.

Votre magasin Erevan-Super U vous donne ici des conseils pour s’organiser et se préparer pour cette période. Période de jeûne et occasions de festivité, votre magasin EREVAN- SUPER U propose des produits spécialisés pour cette période importante pour l’ensemble de la communauté musulmane : épices, thé vert, semoule, olives, halva amandes, halva, jus, dattes, fruits secs, lentilles, pois chiches, fèves, feuilles de brick, café…

S’ORGANISER ET SE PRÉPARER AVANT LE RAMADAN

De manière générale, pour avoir une alimentation plus équilibrée, pensez à :

  • Maximiser votre consommation de fruits et de légumes
  • Consommer des féculents à chaque repas, en quantité adéquate et privilégier les légumineuses (lentilles, fèves, pois chiches…),
  • Préférer la consommation de viande blanche et limitez la viande rouge à 500g par semaine,
  • Consommer deux produits laitiers par jour ou l’équivalent enrichis en calcium,
  • Et n’oubliez pas d’avoir au moins 30 minutes de marche par jour, ou une autre activité physique

 

GÉRER SON ALIMENTATION PENDANT LE RAMADAN

Durant le Ramadan, il faut veiller à structurer vos prises alimentaires autour de 2 ou 3 repas, en heures décalées !

Deux solutions s’offrent alors à vous :

  • De manière idéale, prenez un petit déjeuner

pour Sehour, un déjeuner (à la rupture du jeûne) et un dîner (dans la nuit). Cela vous permettra de répartir votre ration quotidienne et vous assurera ainsi d’obtenir l’ensemble des macro-nutriments (protéines, lipides, glucides), ainsi que des vitamines et minéraux indispensables à votre organisme. Votre organisation alimentaire est alors la même qu’avant, en décalant simplement les horaires des repas.

  • Une autre manière de s’organiser, souvent plus facile à mettre en place : faites simplement un petit déjeuner, puis un dîner pour la rupture du jeûne, que vous accompagnerez quelques heures plus tard d’une collation. Dans ce cas, nous vous conseillons de faire un «vrai» repas immédiatement à la rupture du jeûne, constitué:
    • de féculents (semoule, riz, pâtes, pomme de terre, blé…) qui permet ainsi de reconstituer les réserves glucidiques et énergétiques,
    • d’une viande peu grasse ou de poisson,
    • des légumes crus ou cuits (environ la moitié de votre assiette), d’un produit laitier et d’un fruit cru.

Prenez ensuite idéalement une collation 2 à 3 heures suivant ce repas, composée d’une boisson (tisane, café, thé, eau à volonté), un produit laitier et un fruit.


 

LES PLATS TRADITIONNELS DU RAMADAN

  • LA HARIRA : cette soupe a comme base des glucides complexes (vermicelles, farine, et LÉGUMES SECS : pois chiches, lentilles). De plus, la coriandre et le citron pressé sont une source de vitamine C : à ne pas négliger sur cette période !
  • LES DATTES : habituellement consommées au Ftour, les dattes constituent une source intéressante de minéraux (magnésium, potassium, calcium) et de fibres.
  • LES FÉCULENTS habituellement consommés (pâtes, riz…) peuvent être remplacés pendant le Ramadan par de la semoule, de l’orge, des vermicelles, du boulgour. L’orge et le boulgour ont un index glycérique bas, ils sont donc à favoriser.
  • LE PAIN : il doit garder toute sa place pendant ce mois.
  • LES OLÉAGINEUX (cacahuètes, pistaches, amandes, noisettes…) : limitez votre consommation à une petite poignée par jour.
  • LES VIENNOISERIES (croissant, pain au chocolat…) : elles sont riches en sucres et en graisses.
  • LES BOISSONS : l’EAU est la seule boisson indispensable ! On va également s’hydrater avec la soupe, de la tisane, du thé, du café…
  • LES PÂTISSERIES ORIENTALES
  • LES BRICKS : il faut éviter la friture… Pour avoir des bricks (beaucoup) moins grasses, mais tout aussi bonne, vous pouvez les faire cuire au four. Avec un pinceau, badigeonnez légèrement les bricks d’huile puis les passer au four et les retourner à micuisson pour faire dorer de l’autre côté, vous et vos convives n’y verrez que du feu !

Romain, chef cuisinier Azalaï Hôtel

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BC : Comment vous est venue l'envie de devenir cuisinier ?

L’envie de devenir cuisinier m’est venue avec l’un des amis de mon père qui avait passé plus de 25 ans en Europe et qui était rentré à l’époque pour ouvrir un restaurant de renommé à Cotonou du nom de KALAO. Je l’admirais et j’ai eu envie de devenir comme lui.

BC : Comment définiriez-vous votre cuisine ?

Si je dois définir ma cuisine aujourd’hui dans cette terre afro fusion, je peux dire qu’elle part de la tradition de nos parents africains à travers les particules de nos différents pays.

BC : Vous êtes-vous inspiré d'un chef ou d'un pays pour vos créations culinaires ?

J’ai eu la grâce de faire plus d’une dizaine de pays africains (Afrique centrale, Afrique de l’ouest, Afrique du Nord). Mon inspiration vient de ces villes et de leurs chefs africains.

BC : Votre plus belle rencontre gastronomique à ce jour ?

Ma plus belle rencontre gastronomique à ce jour est récente. C’était à Brazzaville à l’hôtel Pefaco, un hôtel 5 étoiles où j’ai eu le privilège d’être parmi les 3 chefs expatriés de cuisine. Je me suis retrouvé pour la 1ère fois dans une brigade dans ma carrière professionnelle avec deux autres chefs. Chacun dans sa spécialité. J’avais vraiment la lourde responsabilité de représenter l’Afrique. L’Afrique a quand même 54 pays, il fallait m’inspirer pour composer une carte gastronomique qui était vraiment un voyage culinaire de l’Afrique du Nord, du Sud, de l’Est à l’Ouest pour que tous les pays soient représentés à travers ma carte.

BC : La recette ou réalisation dont vous êtes le plus fier ?

Filet de sol roulé et pané au tapioca et sauce curry au lait de coco faite maison servi avec de l purée de patate douce et carotte au gingembre vraiment je donne juste le nom mais c’est savoureux, je suis fier d’une réalisation comme ça.

BC : Vos deux chefs préférés ?

Le chef Paul FOCUS qui a été le chef qui m’a vraiment inspiré parmi les chefs européens, les chefs français et bien sur mon Chef Jérôme MARTINS qui m’a accueilli à Dakar RADISON BLUE.

BC : Plutôt invention ou reprise de recettes traditionnelles ?

Nous sommes là pour ressusciter les plats traditionnels de nos parents, pour les retravailler, leurs donner encore de la valeur et pour qu’ils restent éternels. Je travaille beaucoup plus avec les plats traditionnels et je fais des « reprises revisitées ».

BC : Parlez nous du restaurant dans lequel vous travaillez.

Je suis le Chef restaurateur de l’hôtel Azalaï, hôtel de la place de Cotonou qui a deux restaurants - deux bars. Nous réalisons également beaucoup de conférence, réception … C’est un multiple service qui se veut toujours de qualité.

BC : Que conseillez-vous aux futurs cuisiniers qui se lancent dans des études de cuisine ?

Qu’ils croient en eux-mêmes et surtout persévérer et travailler durement car sans le travail il n’y a pas de résultat. Faites le travail avec amour, avec sincérité, respect de soi. Le respect de ce qu’on fait nous fortifie et surtout garantie le résultat.

BC : Et sinon, d’un point de vue plus personnel, quel est votre plat préféré ?

Mon plat préféré s’appelle « Bécu » typique du Bénin : une sauce feuille dans laquelle il y a du fromage Peulh, des crevettes, des graines de courge… C’est un plat qui m’inspire beaucoup ! Le piment frais... et surtout quand on coupe des oignons tous frais pour décorer, cela donne un goût, je ne sais comment…

BC : Un mot pour finir ?

Mon mot de fin va à l’endroit des lecteurs et des lectrices qui vont lire cet interview : 31 ans de carrière, 26 ans passé à l‘étranger alors que j’ai été formé ici au Bénin comme un simple cuisinier. Je suis parti de zéro. Tout cela pour vous dire que rien n’est impossible. Alors si je peux inspirer des jeunes parmi vous j’en serais très heureux !

Portrait de Béninois(es)

Ô Pluri’elles par Régina SAGA

Bénin Couleurs souhaite mettre en avant à travers cette nouvelle rubrique les talents et personnalités béninois (es) ou vivant au Bénin. Beaucoup de personnes autour de nous font des choses exceptionnelles sans que personne ne soit au courant. C’est un hommage que nous souhaitons leur rendre au travers de cette rubrique. Merci à notre première contributrice : Régina SAGA.


 

BC - Qui êtes-vous ?

Je suis Regina SAGA, salariée d'une entreprise de la place. Je vis en couple et je suis mère de deux adorables filles.

BC- D’où vous vient cette passion soudaine pour le service traiteur ?

Ma passion pour le service traiteur n'est pas venue soudainement, contrairement à ce que l'on peut penser. Les casseroles et moi, c'est une histoire d'amour qui remonte à mon plus jeune âge où depuis mes 10 ans, j'aimais bricoler un petit repas et l'offrir à nos hôtes ou à mes parents à la maison. Progressivement, une fois adulte, ma résidence a commencé par prendre l'allure d'un gîte où on ne peut poser son sac sans goûter à un repas cuisiné par mes soins. C'est alors, que tous mes proches ont commencé par me pousser au métier de la restauration. Aujourd'hui, je leur suis reconnaissant de m’avoir ouvert les yeux sur une passion qui ne me quitte plus.

BC - PLURIELLES ! Pourquoi ce nom ?

Ô Pluri'elles d'abord parce que je suis un touche-à-tout ! Ma cuisine n'est pas singulière. Elle est plurielle de part les spécialités que j'embrasse, elle est plurielle par rapport aux couleurs que j'y mets, elle est plurielle en raison des goûts qu'on y retrouve.

Mais aussi le nom Ô Pluri'elles, parce que derrière ma personne, il y a mes deux filles qui d'une manière ou d'une autre s'impliquent dans ma passion pour la cuisine et c'est ce TOUT qui donne le résultat que ma clientèle apprécie.

BC - A quoi ressemble vos weekends de commandes de repas ?

Mes week-ends de commandes de repas sont des moments formidables. Toutes les émotions se croisent, se mélangent et s'entremêlent. Inutile de vous préciser qu'il y a toujours une nuit sans sommeil qui précède un repas à livrer à midi ! Il faut que tout soit parfait. C'est un travail d'équipe qui se fait certes, mais c'est moi le maître à bord et je me dois  d'être au four et au moulin.

BC - Comment conciliez-vous votre vie professionnelle, familiale et le service traiteur ?

Ce n'est pas du tout facile pour la femme que je suis de pouvoir concilier vie professionnelle, vie de famille et service traiteur ! Mais tout est question d'organisation et de compréhension. J'ai la chance d'avoir un compagnon qui respecte ma passion, qui me soutient constamment et qui me pousse à me surpasser au jour-le-jour. Mes horaires de travail dans la vie professionnelle étant bien connus, il est rare d'observer un chevauchement sur mes activités.

BC - Avec le secteur de la restauration en plein essor à Cotonou comment gérez-vous la concurrence ?

À Cotonou, la concurrence dans le milieu de la restauration est loyale, à mon avis. Elle est d'ailleurs le motif qui me pousse à me remettre en question en permanence dans ce que je fais, histoire de ne pas dormir sur mes lauriers. Les clients recherchent la perle rare et quand ils viennent à moi, je sais qu'il y a encore un challenge, un défi à relever...

BC - Votre plus belle expérience culinaire à ce jour ?

C'est mon tartare d'avocat en format géant. Ce fut un truc de dingue ! Mdrrr... Je l'avais réalisé en format de table. Et il a fallu qu'un client demande le même modèle pour une cinquantaine de personnes... Ouuuf !!! J'ai dû bosser dur et à la fin, le résultat a été impressionnant !!!

BC - Vos projets culinaires à court et long terme ?

Mes projets à court terme, c'est réconcilier les plus jeunes avec la cuisine et les arts de la table. Je souhaite profiter des vacances pour lancer la FOOD CLASS pour les moins de 18 ans parce qu'il n'est plus un secret pour personne que de moins en moins, les enfants sont initiés à la cuisine faite maison. Il ne faut pas attendre que ça vire au drame avant de trouver des solutions !

À long terme, je souhaite travailler les produits locaux de sorte à rendre gastronomique certaines recettes traditionnelles qui ont tendance à s'effacer de nos mémoires.

BC- Un mot de fin !

Comme mot de la fin, je remercie énormément toute la clientèle de Cotonou et environ qui prend du plaisir à me suivre, à m'encourager et qui croit en mon potentiel sur le marché du service traiteur au Bénin.

Mme Régina Saga
Directrice de Ô Pluri’elles