Les énergies renouvelables

Champ d'éoliennes

Les énergies renouvelables

Sommaire

Description des énergies renouvelables

Bilan en Afrique

Des chiffres

Etats des lieux en AFRIQUE de l’OUEST

L’Afrique est le continent le moins doté en énergie du monde. Une image satellite de l’Afrique la nuit ne montre que quelques lumières éparpillées à travers le continent. Cela forme un contraste saisissant avec les autres régions du monde qui elles, apparaissent largement illuminées sur les images satellitaires de ce type. Bien que ce constat ne concerne que l’éclairage électrique, il est représentatif de la situation de l’Afrique en ce qui concerne la production et l’utilisation globale de l’énergie.

Néanmoins, le potentiel de l’Afrique en termes d’énergies renouvelables est sans rival au niveau mondial. Les énergies renouvelables prennent de l’ampleur à travers les initiatives audacieuses d’acteurs aussi bien privés que publics, mais aussi des communautés elles-mêmes.

L’avancée de l’Afrique vers les énergies renouvelables se trouve cependant considérablement freinée par de grandes difficultés de capital et de compétences. La plupart des projets d’énergie renouvelable d’une certaine ampleur sont extrêmement coûteux et ne peuvent donc être entrepris aussi aisément que d’autres démarches écologiques comme l’agriculture biologique. C’est une réalité qui s’est vérifiée à de nombreuses reprises dans plusieurs projets d’énergie renouvelable initiés par diverses communautés africaines.

Énergie solaire

Le solaire photovoltaïque est la forme la plus répandue d’énergie renouvelable dans les communautés africaines. Malheureusement, les ménages pauvres n’ont pas tiré autant de bénéfices des systèmes photovoltaïques que les ménages les plus aisés, en raison des coûts initiaux élevés. Au cours des trois dernières décennies, des centaines de communautés à travers l‘Afrique se sont engagées, à des degrés divers, dans des projets d’énergie solaire. Outre les installations domestiques, d’autres projets solaires impliquent l’assemblage effectif de petits panneaux solaires, qui sont ensuite utilisés pour des besoins énergétiques de bas voltage, comme le rechargement des téléphones.

Energie solaire
Energie solaire

Agrocarburants

Les agrocarburants ont été une expérience aigre-douce pour l’Afrique. Depuis le début des années 2000 jusqu’à aujourd’hui, les agrocarburants ont été considérés comme une nouvelle frontière énergétique pour l’Afrique. En 2011, pas moins de 3,2 millions d’hectares de terres, dans plusieurs pays africains, étaient destinées à la culture des agrocarburants. Toutefois, la plupart des paysans qui avaient choisi ces cultures avec l’espoir d’en tirer des dividendes financiers conséquents ont été extrêmement déçus. Tout d’abord, les agrocarburants sont affectés par une multiplicité de facteurs qui échappent au contrôle des paysans qui les cultivent. Par exemple, les graines de jatropha ne se transforment en source d’énergie qu’après une transformation qui requiert à la fois beaucoup de capital et de compétences. Même si les paysans réussissent à former des coopératives pour transformer leurs propres graines, il faut qu’il existe une demande correspondante sur le marché. Et si cette demande était en place, les cultures d’agrocarburants pourraient contribuer à déplacer des cultures vivrières en raison de leur statut plus lucratif.

Biogaz

Pour cuire leurs repas, plus de 70% des Africains utilisent des combustibles comme le bois ou le charbon de bois, ce qui entraîne une multitude de problèmes sanitaires et environnementaux. D’un point de vue sanitaire, 3,5 millions de personnes par an meurent de la pollution de l’air de leurs logements, le plus souvent causée par des combustibles de cuisson solides. Ce à quoi s’ajoute la déforestation pour la production de charbon de bois. D’où l’argument souvent mis en avant du besoin de moyens de cuisson plus propres et plus verts, et le biogaz est souvent évoqué dans ce cadre. C’est un gaz riche en méthane qui fournit un combustible fiable pour la cuisson. Il est produit par la fermentation anaérobique de matières organiques. Ces dernières, qui incluent les déjections animales, sont facilement accessibles dans de nombreuses communautés rurales africaines. Assurer leur bien-être en leur fournissant un combustible de cuisson fiable devrait toujours rester l’objet principal du biogaz. Autrement dit, le biogaz ne doit pas être monopolisé par des grandes entreprises exclusivement focalisées sur leurs profits. Ces infrastructures incluent des poteaux électriques, des câbles souterrains, des compteurs et un transformateur. La plupart des paysans ruraux n’ont ni l’expertise ni les ressources pour mettre en place ces infrastructures. La prochaine frontière du biogaz en Afrique sera la compression du biogaz en cylindres afin qu’il puisse être vendu en grande quantité dans les centres urbains qui utilisent du gaz naturel pour la cuisson. Le marché existe déjà ; la question est désormais de faire en sorte que cette technologie verte atteigne le marché.

L’Africa Progress Report 2015 évoque parfaitement cette réalité : « Aucune région du monde ne dispose de ressources énergétiques à faible intensité carbone plus abondantes ou moins exploitées. Développées dans le cadre de stratégies adéquates, ces ressources pourraient contribuer à résoudre deux des défis les plus sérieux pour le « développement » de l’Afrique : la génération d’électricité et la connectivité. Les énergies renouvelables pourraient faire pour l’électricité ce que les téléphones mobiles ont fait pour les télécommunications : donner accès à des milliers de foyers à une technologie porteuse de nouvelles opportunités ».

Des chiffres alarmants

La production électrique cumulée des 48 pays d’Afrique subsaharienne ne dépasse pas les 70 GW, soit la production de l’Espagne. L’Afrique représente 3 % de la demande mondiale en énergie primaire alors qu’elle concentre 15 % de la population.

Deux Africains sur trois, soit environ 700 millions de personnes, n’ont toujours pas accès à l’électricité.

Cinq pays seulement – le Botswana, les Comores, le Ghana, les Seychelles et l’île Maurice, ont un taux d’électrification rurale supérieur à 50 %. Dans les autres pays, le taux moyen est de 14 %.

En Afrique, les ménages les plus pauvres dépensent vingt fois plus par unité d’énergie que les ménages les plus riches raccordés au réseau électrique.

Au Nigeria, un paysan paie le kilowattheure de 60 à 80 fois plus cher qu’un New-Yorkais et 30 fois plus cher qu’un habitant de Lagos.

Un Tanzanien mettrait environ huit ans pour consommer autant d’énergie qu’un Américain en un mois.

Le continent est responsable d’à peine 4 % des émissions mondiales de CO2, contre 12 % pour l’UE, 16 % pour les États-Unis et 25 % pour la Chine.

Les problèmes du secteur de l’énergie et les pénuries d’électricité coûtent au continent de 2 à 4 % de son PIB.

Il faudrait environ 50 milliards d’euros par an pour répondre à la demande et assurer, à l’horizon 2030, un accès quasi universel à l’électricité. En 2012, les sorties illicites de capitaux ont privé l’Afrique de 65 milliards d’euros.

Au rythme actuel des investissements, l’Afrique ne pourra pas assurer un accès universel à l’électricité avant… 2080.

 Source : Africa Progress Panel, rapport 2015.

 Etats des lieux en Afrique de l’Ouest : mix énergétique

L’Afrique de l’Ouest est constituée d’un ensemble de 15 pays indépendants : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo. Ses 340 millions d’habitants en 2014, dont plus de la moitié vivent au Nigéria, constituent plus d’un tiers de la population totale africaine.

En matière de superficie, les pays d’Afrique de l’Ouest s’étendent sur près de 20% du continent. La croissance démographique y est très forte (près de 10 millions de personnes supplémentaires par an) et les besoins en énergie augmentent à un rythme rapide. L’Afrique de l’Ouest dispose d’importantes ressources énergétiques, notamment de pétrole, et d'un bon potentiel dans le domaine des énergies hydraulique et solaire. Dans ces zones aux fortes disparités, l’accès à l’énergie reste toutefois l’un des défis majeurs à l’heure actuelle.

La CEDEAO (Communauté Économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) regroupe les 15 pays d’Afrique de l’Ouest. La Mauritanie, située au nord du Sénégal, en a fait partie jusqu’en 2000.

Énergie

La biomasse (bois, résidus agricole, charbon de bois, fumier, etc.) et les déchets constituent la principale source d'approvisionnement énergétique pour 70% à 90% de la population d’Afrique de l’Ouest selon les pays concernés. Il y a de fait une fracture importante entre les populations rurales et citadines, ces dernières ayant accès à des réseaux électriques.

Il existe par ailleurs de fortes disparités entre les pays d’Afrique de l’Ouest : le Nigéria est le 1er producteur de pétrole africain (12e au monde avec 2,7% de la production mondiale en 2013) tandis que d’autres pays ont une production énergétique très limitée dépendant presque exclusivement de la biomasse comme le Togo.

Pétrole

Avec 37,1 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole à fin 2013, le Nigéria possède les 11e réserves au monde.

L’Afrique de l’Ouest compte au total 4 pays producteurs de pétrole :

  • le Nigéria qui a produit près de 2,3 millions de barils par jour en 2013 ;
  • le Ghana avec une production de 99 000 barils par jour ;
  • la Côte d’Ivoire avec une production de 38 600 barils par jour ;
  • le Niger avec une production de 20 000 barils par jour.

Le Nigéria est le 1er producteur de pétrole d'Afrique et dispose des plus importantes réserves de gaz naturel du continent.

Le Nigéria compte 4 raffineries ayant une capacité totale de raffinage de 45,3 millions de tonnes par an. La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger et le Sénégal possèdent également une raffinerie chacun, ayant une capacité allant de 1 à 3,8 millions de tonnes par an.

Gaz naturel

Le Nigéria dispose également des plus importantes réserves de gaz naturel en Afrique (2,7% des réserves prouvées dans le monde à fin 2013) devant l’Algérie. Le Nigéria a produit près de 36,1 milliards de m3 en 2013, soit près de 1,1% de la production gazière mondiale.

Au large du Ghana, le champ pétrolier de Jubilee, découvert en 2007, a commencé à être exploité en 2014. La Côte d'Ivoire possède également plusieurs champs gaziers offshore (notamment Gazelle) qui alimentent un marché essentiellement national. Le Sénégal produit aussi du gaz naturel mais dans de très petits volumes. Depuis sa mise en service en 2011, le gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (WAPCO), long de 678 km, est censé alimenter en gaz le Bénin, le Togo et le Ghana depuis le Nigéria. En pratique, l'approvisionnement est très irrégulier car le Nigeria doit faire face à une demande croissante en énergie au niveau national et n'exporte pas les quantités prévues. De plus, de nombreux actes de sabotage perturbent la continuité de l’approvisionnement. Notons par ailleurs qu'un important gisement offshore a été découvert en janvier 2016 à la frontière du Sénégal et de la Mauritanie, au large de Saint-Louis. Ses réserves en sont estimées à 450 milliards de m3, ce qui en ferait le plus grand gisement d'Afrique de l'Ouest.

Hydraulique

L’Afrique de l’Ouest a un potentiel estimé à 25 000 MW dont le quart serait localisé en Guinée-Bissau. D’après une évaluation en 2007, seulement 16% de ce potentiel était exploité mais une vingtaine de grands projets sont actuellement à différents stades d’avancement dans la région. L’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) a notamment été mise en place par le Mali, le Sénégal et la Mauritanie (hors Afrique de l’Ouest) pour développer la production hydroélectrique le long de ce fleuve. De nombreux projets sont par ailleurs à l’arrêt en raison d’un manque de financements. L’Afrique de l’Ouest a un potentiel estimé à 25 000 MW dont le quart serait localisé en Guinée-Bissau.

Éolien

Un potentiel important existe sur les côtes sénégalaises et au Cap Vert. Sur les îles de Boa Vista, Sao Vicente, Sal et Santiago du Cap Vert, 35 éoliennes ont été installées au sein de 5 parcs. Elles fournissent près de 20% des besoins électriques du pays en 2014. Le potentiel éolien des autres pays de la région est nettement plus limité. Une concession pour le développement d’un parc éolien d’une puissance de 25 MW a été signée au Togo en 2012 mais n’a pour le moment pas été concrétisée sur le terrain.

Solaire

L’Afrique de l’Ouest dispose d’un important ensoleillement, évalué entre 5 et 7 kWh/m2/jour (soit près de 2 fois plus qu’en France) au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal ainsi qu’au Nord du Bénin et du Togo dans une moindre mesure. A l'heure actuelle, aucun projet d'envergure n'a pourtant vu le jour. L’abaissement des coûts et les progrès technologiques permettent cependant à de nombreux projets locaux de petite taille « hors-réseau » de se développer.

Zoom sur l’électricité

Les pays d’Afrique de l’Ouest disposent tous de réseaux de distribution d'électricité mais ceux-ci sont limités en matière de puissance raccordée et il existe peu d’interconnexions entre eux. En 2012, la capacité installée reliée aux réseaux électriques d’Afrique de l’Ouest atteignait seulement 20 GW (128,9 GW en France à fin 2014).

Plus de la moitié des capacités électriques en Afrique de l’Ouest provient de centrales à gaz, essentiellement situées au Nigéria. Les centrales au fioul comptent pour près de 30% de ces capacités et sont réparties de façon plus homogène en Afrique de l’Ouest. Enfin, près de 20% de ces capacités provient des barrages hydroélectriques.

La production électrique à partir des centrales à gaz devrait continuer à croître dans le futur en Afrique de l’Ouest tandis que les énergies renouvelables devraient progressivement augmenter leur contribution au mix électrique de la région. Notons que le mix électrique de l’Afrique de l’Ouest diffère de ceux des autres régions du continent : l’Afrique centrale exploite davantage ses ressources hydroélectriques tandis que la partie sud de l’Afrique mise essentiellement sur le charbon pour produire son électricité.

Burkina Faso, SONABEL. Infrastructures
Burkina Faso, SONABEL. Infrastructures

Au niveau des Institutions

Créée en 1975, la Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) regroupe les 15 pays d'Afrique de l'Ouest. Elle vise à encourager la coopération économique au niveau régional et aborde également les problématiques de stabilité régionale (lutte contre le terrorisme, prévention des épidémies, etc.) depuis 1990. Des institutions ont été créées par la CEDEAO afin de gérer des thématiques énergétiques, en particulier les questions d'accès à l'énergie dans la région :

  • le Centre Régional pour les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Energétique (CEREEC) dont le siège est situé au Cap Vert ;
  • le Système d'Echanges d'Energie Électrique Ouest Africain (EEEOA) dont le siège est situé au Bénin ;
  • l'Autorité de Régulation Régionale du secteur de l'Électricité (ARREC) dont le siège est situé au Ghana.

Ces différentes institutions facilitent les collaborations entre les opérateurs des différents réseaux et permettent l'émergence de schémas directeurs dans le domaine de l'énergie à un niveau régional.

L'Afrique de l'Ouest est confrontée à un problème de précarité énergétique et d'accès à l'énergie : plus de 250 millions de personnes comptent sur la biomasse pour cuire leurs aliments et préparer à manger car elles n'ont pas accès à l'électricité. De grands programmes d'électrification rurale ont été lancés dans plusieurs pays et coordonnés par des agences nationales telles que l'ASER (Agence Sénégalaise de l’Electrification Rurale) ou l'AMADER au Mali.

Les besoins en énergie sont en forte croissance et nécessitent des solutions innovantes qui sont encore freinées par le manque de financements : 12 des 15 pays d’Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui listés par l’ONU comme Pays les Moins Avancés (seuls la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigéria n’en font pas partie) et ont un Indice de Développement Humain parmi les plus bas du globe. Les financements nécessaires au développement de l’accès à l’énergie dans ces pays sont donc la plupart du temps apportés par des bailleurs de fonds étrangers.

CONSOMMATION

D’après les données de l’AIE de 2014, la consommation d’électricité moyenne d’un habitant d’Afrique de l’Ouest est de moins de 200 kWh par an. A titre de comparaison, un Français consomme plus de 7 000 kWh par an en moyenne et un Américain plus de 13 000 kWh par an.

BONUS

D'après l’AIE, les vols de pétrole brut au Nigeria s’élèveraient à près de 150 000 barils par jour, ce qui représenterait un coût d’environ 5 milliards de dollars par an. Cette somme suffirait à financer l'accès à l'électricité pour toute la population du Nigeria d'ici à 2030.

Sources :

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